La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Jazz / Musiques - Propos recueillis

David Linx en terres classiques

David Linx en terres classiques - Critique sortie Jazz / Musiques

Publié le 10 décembre 2008

Depuis 15 ans, il est LA grande voix masculine du jazz européen. Habité totalement par la musique, marqué de manière indélébile par des rencontres majeures (son père musicien, l’écrivain James Baldwin, Kenny Clarke, Miles Davis, son alter-ego Diederick Wissels, etc…), David Linx, âgé d’à peine plus de 40 ans, est devenu un géant de son art, ouvert aux aventures musicales les plus variées et créatives. Il rencontre lors de ce concert exceptionnel au Théâtre de l’Atelier les musiciens classiques du Trio Talweg, jeune formation chambriste belge de rayonnement international soutenue par la grande Martha Argerich.

« J’ai rencontré le génial Sébastien Surel, violoniste du Trio Talweg, sur un concert où Richard Galliano et moi-même étions les invités. Sébastien était là avec son quatuor à cordes. Et j’ai été frappé par sa liberté rythmique par rapport au tempo et aux accords. Il fait partie de cette nouvelle génération de musiciens classiques qui ne fonctionne pas avec dans la tête une grille hiérarchique mais qui est au contraire très au fait de tous les styles musicaux et ne juge une musique que sur sa qualité. Depuis quelques années et de fil en aiguille, nous avons commencé à travailler ensemble…
 
« Les âmes rythmiquement connectées se reconnaissent au-delà des styles »
 
La question de la collaboration entre musiciens de styles différents est d’abord une question de priorités. Mais les priorités ont tendance à se scléroser quand on ne les remet pas en question de temps en temps. Il faut les secouer ! Mais c’est aussi et d’abord une question de diapason rythmique. Le rythme est pour moi le ballon dont le gaz est la mélodie, le tempo et l’harmonie. Si on le perce le ballon éclate ! Les âmes rythmiquement connectées se reconnaissent au-delà des styles. Maria Bethania et Maria Joao Pires, Bobby McFerrin et Yo Yo Ma, Elvis Costello et Anne Sofi von Otter ou encore mon travail avec Natalie Dessay qui continuera l’année prochaine sur un nouveau disque. Je suis sûr et certain qu’Ella Fitzgerald et Maria Callas auraient fait des choses formidables si elles avaient travaillé ensemble. C’est le rythme qui nous donne des frontières à redéfinir pour que ces collaborations n’aboutissent pas à de la « soupe ». Personne ne doit marcher stylistiquement sur les plates-bandes des autres. La liberté est aussi une question de goût. »
 
Propos recueillis par Jean-Luc Caradec 


Lundi 15 décembre à 20h30 au Théâtre de l’Atelier (Place Charles Dullin – 75018 Paris). Tél. 01 47 70 16 95. Places : 16 à 23 €.
 

Avec aussi Sergio Krakowski (tambour brésilien). Œuvres de Bach, Chostakovitch, Linx, Piazzolla, Surel et Tchaikovski.

A propos de l'événement



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