La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Danse - Propos recueillis / Philippe Saire

CUT, séparation de l’espace

CUT, séparation de l’espace - Critique sortie Danse Lausanne Théâtre Sévelin 36
Crédit : Philippe Weissbrodt Légende : Philippe Saire

Publié le 21 octobre 2016 - N° 248

Une seule histoire, deux espaces et climats bien distincts pour CUT, une création qui porte bien son nom, tant pour la scénographie que la référence cinématographique.

« Le dispositif spatial, qui coupe en deux, par le milieu, la scène et la salle était mon point de départ, d’où le titre CUT. Ensuite les choses sont venues au fur et à mesure. Je voulais d’un côté une forme d’instabilité dans l’imminence d’un départ, un bric-à-brac d’objets, de l’autre un espace dépouillé où seuls les corps tentent de préserver le collectif et le lien social. Le public pouvant voir un seul côté et percevoir des fragments de l’autre. Un jour, en racontant à des amis deux ou trois choses de mon enfance, j’ai réalisé que la pièce prenait appui sur la fuite de ma famille d’Algérie lorsque j’avais à peine 5 ans. Après une période instable et un départ précipité, mes parents gardèrent et me transmirent le souvenir idéalisé d’un paradis où la vie est douce et les liens sociaux forts, d’un Eden duquel ils ont été chassés. La pièce ne retrace pas un vécu mais ce qu’il en reste, les résidus de la mémoire, les sensations, et la référence n’est pas obligatoire.

Il faut choisir son camp !

Après 40-45 minutes, le public sort, change de côté, et la pièce se rejoue à l’identique. Le spectateur, dans un premier temps, tisse une histoire avec ce qu’il perçoit et, par des informations partielles, entre autres sonores, sollicite son imaginaire sur ce qui se passe de l’autre coté. Dans un second temps, de nouvelles informations viennent compléter, contredire, voire retourner l’histoire qu’il s’était construit. La construction chorégraphique suppose de penser la gestuelle pour qu’elle préserve un certain mystère pour la partie que le public ne voit pas, tout en lui donnant suffisamment d’indications pour qu’il puisse construire une histoire qui prend en compte ce qui est occulté et dont il ne voit que des bribes. Il faut donc inventer une gestuelle qui fonctionne aussi bien à Jardin qu’à Cour. Le lien est assuré en grande partie par le son, j’ai même fait venir une bruiteuse pour nous aider. La chorégraphie emprunte à un folklore réinventé, et surtout pas imité, c’est une sorte de melting pot de gestuelles issues de toutes les cultures, mais elles ne sont pas immédiatement référençables. »

 

Propos recueillis par Agnès Izrine

A propos de l'événement

CUT, séparation de l’espace
du Mercredi 2 novembre 2016 au Dimanche 4 juin 2017
Théâtre Sévelin 36
Avenue de Sévelin 36, 1004 Lausanne, Suisse

Du 2 au 13 novembre 2016 (mer. ven. 19h, jeu. sam. 20h, dim. 18h). Tél. : 021 620 00 11.


Egalement : Le 18 novembre Théâtre du Passage à Neuchâtel (Suisse), les 10 et 11 février 2017 au Staatstheater de Darmstadt (Allemagne), le 16 mars 2017 dans le cadre de Spectacles français au Palace de Bienne (Suisse), le 3 mai 2017 au Théâtre Benno Besson, d’Yverdon-les-Bains (Suisse), les 31 mai et 1er juin 2017, au Theater de Chur, Coire (Suisse), les 3 et 4 juin 2017 au Théâtre Les Halles à Sierre (Suisse).


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