La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Avignon - Entretien / Richard Brunel

Certaines n’avaient jamais vu la mer

Certaines n’avaient jamais vu la mer - Critique sortie Avignon / 2018 Avignon
©Jean-Louis Fernandez Richard Brunel

Cloître des Carmes / d’après Julie Otsuka / mes Richard Brunel

En adaptant Certaines n’avaient jamais vu la mer de la romancière américaine Julie Otsuka, Richard Brunel redonne la parole à des oubliées de l’histoire américaine. Aux Japonaises venues aux États-Unis au début du XXème siècle, dans l’espoir d’une vie meilleure.

Si l’histoire que vous abordez dans Certaines n’avaient jamais vu la mer est méconnue aux États-Unis, elle l’est davantage encore en France. Pourquoi vous y être intéressé ?

Richard Brunel : Avant de découvrir le livre de Julie Otsuka, je ne savais en effet rien de l’histoire de ces Japonaises envoyées à San Francisco pour rejoindre des compatriotes venus plus tôt dans l’espoir d’y faire fortune avant de regagner leur pays. Et pour les épouser, sans les avoir choisis. L’écriture de ce roman m’a saisi. En utilisant la première personne du pluriel, l’auteure donne une grande universalité aux destins qu’elle relate.

En quoi a consisté votre travail d’adaptation de ce roman choral ?

R.B. : Ne voulant pas intervenir dans le texte, je me suis contenté de réaliser des coupes. De supprimer certaines répétitions. On retrouve donc la chronologie du roman, qui va de l’arrivée de ces femmes sur le sol américain à partir de 1907 à leur départ après l’attaque de Pearl Harbour en 1941. Attendu, le chapitre sur leur déportation dans des camps est absent. Il l’est également dans mon spectacle. À la place, c’est Natalie Dessay qui donne à entendre la voix des Américains après la disparition des Japonais.

« L’écriture de ce roman m’a saisi. »

Julie Otsuka considère l’espace comme un personnage à part entière de son livre. Qu’en pensez-vous ?

R.B. : Je suis tout à fait d’accord. Dans le roman, le rapport des femmes à leur nouveau territoire donne lieu à de nombreuses descriptions. De même que leur travail dans les champs, en ville… Cela a beaucoup inspiré la scénographie. Anouk Dell’Aiera a imaginé un décor aux multiples recoins, où intérieur et extérieur se confondent. Grâce à un travail sur les costumes et la vidéo, on passe aussi du présent au passé. Car je voulais avoir des images de ces femmes sur scène.

Vous avez opté pour une distribution très cosmopolite, avec deux comédiens d’origine japonaise, mais aussi d’autres d’origine coréenne, chinoise… Pourquoi ce choix ?

R.B. : En plus de la tragédie d’hier, je veux donner à voir le brassage culturel de la France actuelle, car tous les comédiens de la pièce vivent en France. Et les Français entretiennent un rapport avec l’Asie. Cette diversité a beaucoup nourri le travail au plateau.

 

Propos recueillis par Anaïs Heluin

A propos de l'événement

Certaines n’avaient jamais vu la mer
du Jeudi 19 juillet 2018 au Mardi 24 juillet 2018

Festival d’Avignon. Cloître des Carmes, Rue des Infirmières

Relâche le 22. Tel : 04 90 14 14 14. Durée estimée : 1h40.


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