Mike Reed inspire l’ONJ
Pour son dernier projet à la tête de [...]
À 28 ans, Cécile McLorin Salvant a désormais acquis sa place dans le petit cercle des grandes et authentiques chanteuses de jazz.
« Dreams and Daggers », des rêves et des dagues… Une métaphore des relations amoureuses ? Une allégorie de la condition humaine ? Sous ce titre aux résonnances shakespeariennes — celui de son dernier album, paru en septembre dernier sur le label Mack Avenue, enregistré en partie dans l’antre « mythique » du jazz new-yorkais, le Village Vanguard —, Cecile McLorin Salvant continue d’interpréter ces chansons des premières décennies du XXe siècle qui disent les multiples visages de l’amour. Elle chante l’espoir, la naissance de la passion, la déception sentimentale, mais aussi, avec un humour certain, les plaisirs égrillards et la vacherie des hommes, en puisant une partie de son inspiration féministe dans le répertoire de la « Queen of Blues », Bessie Smith.
Sommet vocal
Derrière ses lunettes blanches, elle semble maîtriser à la perfection tout ce qui est nécessaire pour être une grande chanteuse de jazz, avec une aisance scénique confondante : un timbre, unique, reconnaissable en quelques notes ; une technique époustouflante, forgée à l’école classique sans que cela n’affecte son sens du swing ; une présence généreuse et lumineuse, qui en fait une artiste à part entière. Son univers aux références inhabituelles emprunte à Josephine Baker et à Barbara, et pas uniquement à la sainte trinité du jazz vocal au féminin (Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Sarah Vaughan), bien qu’elle en soit une des plus talentueuses légataires… Lauréate en 2010 du concours Thelonious-Monk, la plus prestigieuse compétition aux Etats-Unis, couronnée par l’académie des Grammy, à l’aise aussi bien en big band avec Wynton Marsalis qu’en duo avec Jacky Terrasson, Cecile McLorin a trouvé en Aaron Dielh, pianiste qui a la sagesse élégante d’un ancien, un partenaire de choix pour la suivre dans ses échappées vocales, dans un quartet que complètent Paul Sikivie à la contrebasse et Lawrence Leathers à la batterie. Un must.
Vincent Bessières
20h30. Tél. 01 74 34 54 00. Places : de 35 à 65€.
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