La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Danse - Entretien

Ce que j’appelle oubli

Ce que j’appelle oubli - Critique sortie Danse Saint-Quentin-en-Yvelines Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines
Angelin Preljocaj se confronte à l’écriture de Laurent Mauvignier pour sa nouvelle création. © Benoît Linero

Création 2012 / Ce que j’appelle oubli /
Chorégraphie Angelin Preljocaj / Texte Laurent Mauvignier

Publié le 8 septembre 2012 - N° 201

Angelin Preljocaj invite six danseurs et un comédien à s’emparer du texte de Laurent Mauvignier. 

« Une sorte de déroulement sensitif en rapport avec le texte. »

Y a-t-il une parenté entre ce projet et votre précédent Funambule d’après Genet ?

Angelin Preljocaj : C’est une sorte d’extension du travail que j’ai entamé avec Le Funambule. J’essaye de développer ici cette confrontation à l’écriture. Je trouve que l’écriture de Laurent Mauvignier s’apparente d’une certaine manière à celle de Jean Genet. Il y a quelque chose de direct et de très charnel dans les deux cas. Ce sont deux textes très porteurs pour la danse, qui réclament presque à être incarnés. En même temps se profile un vrai danger, car ils se suffisent à eux-mêmes. Que va apporter la danse, comment va-t-elle pouvoir être une partition supplémentaire plutôt qu’une illustration plate et en dessous de la force du texte ?

Comment néanmoins allez-vous appréhender la narration ?

A. P. : Ce que je vais développer avec la danse va se situer au niveau de la sensation, une sorte de déroulement sensitif en rapport avec le texte, plutôt qu’un déroulé narratif linéaire et descriptif de l’action. Je considère chacun des personnages comme une entité.  L’histoire se passe dans un centre commercial, et montre comment quelqu’un de la marge est reçu dans le centre. Ce rapprochement est voué à l’échec, et je trouve cela très intéressant à travailler.

Ce texte violent exprime une vision du monde. Cet aspect est-il revendiqué par vous, ou dilué dans l’abstraction de la danse ?

A. P. : Pour moi c’est un texte politique. Il est tiré d’un fait réel qui montre une situation sociale sidérante. J’ai envie de m’en emparer pour ces raisons. Il y a quelque chose dans notre société actuelle, dans la façon dont les choses se développent, qui m’inquiète, qui m’interroge, qui me répugne parfois. Ce spectacle touche aussi à ma vie personnelle de citoyen.

Propos recueillis par Nathalie Yokel

A propos de l'événement

Ce que j’appelle oubli / Angelin Preljocaj
du Samedi 15 septembre 2012 au Samedi 29 septembre 2012
Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines
Place Georges Pompidou, Montigny-le-Bretonneux, 78054 Saint-Quentin-en-Yvelines.
Théâtre des Célestins, 4 rue Charles Dullin, 69002 Lyon. Dans le cadre de la Biennale de la danse de Lyon. Du 15 au 21 septembre 2012 à 20h30 sauf dimanche 19h. Tél : 04 27 46 65 65 / 04 72 77 40 00. Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines. Les 28 et 29 septembre à 20h30. Tél : 01 30 96 99 00.
x

Suivez-nous pour ne rien manquer sur la Danse

Inscrivez-vous à la newsletter

x
La newsletter de la  Terrasse

Abonnez-vous à la newsletter

Recevez notre sélection d'articles sur la Danse