La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Entretien

« Au-delà de toute mesure », première mise en scène personnelle d’Elsa Agnès

« Au-delà de toute mesure », première mise en scène personnelle d’Elsa Agnès - Critique sortie Théâtre 75012 Paris. Théâtre de la Tempête – Cartoucherie
© DR Elsa Agnès

Théâtre de La Tempête / Écriture et mise en scène d’Elsa Agnès

Publié le 19 février 2026 - N° 341

Avec Au-delà de toute mesure, Elsa Agnès signe un deuxième texte et une première mise en scène personnelle. Située dans un musée, sa fiction fait dialoguer trois solitudes et des peintures de la Renaissance.

Comédienne de formation, vous entrez en écriture avec Le Caméléon (2023) que vous interprétez vous-même dans une mise en scène d’Anne-Lise Heimburger. Avec Au-delà de toute mesure, vous développez une forme plus ample dont vous assumez aussi la mise en scène. Pourquoi ?

Elsa Agnès : L’expérience du Caméléon a attisé mon désir d’écriture. Dans ce spectacle, j’incarnais tour à tour plusieurs figures féminines, et j’ai eu l’envie de m’engager dans mon texte suivant dans l’aventure du dialogue. Je voulais aussi construire de vrais personnages, dotés d’une identité et d’une trajectoire. J’ai alors écrit en pensant aux deux comédiens avec qui j’ai très vite eu le désir de travailler, Mattéo Renouf et Catherine Vinatier.

Vos trois protagoniste, Giovanni (Mattéo Renouf), Violaine (Catherine Vinatier) et Marie que vous interprétez vous-même se rencontrent dans un musée. Quel rôle a ce lieu dans votre pièce ?

E.A. : Le choix du musée est d’abord une chose très intime : j’y passe depuis des années beaucoup de temps en solitaire, notamment par amour pour la peinture de la Renaissance. Au-delà de toute mesure relie donc mes deux passions, pour le théâtre et la peinture. Le musée est pour moi un espace où les solitudes peuvent se rencontrer.

« Le musée est pour moi un espace où les solitudes peuvent se rencontrer. » 

Qui sont vos personnages et quel type de relation nouent-ils dans ce musée, que vous situez à Venise mais qui est imaginaire ?

E.A. : Tous les trois sont des êtres en transition. Giovanni vit encore chez ses parents alors qu’il a l’âge de mener sa propre vie, tandis que Marie est sortie depuis peu d’un centre de correction pour avoir tué un homme. Violaine enfin se construit une fiction amoureuse idéale à partir des œuvres qu’elle observe dans les musées. Les deux premiers sont gardiens du musée et se parlent peu jusqu’à ce que Violaine apparaisse. Ils se mettent alors à former une petite communauté, qui va leur donner des forces pour retourner dans le monde.

S’ils se rencontrent entre eux, vos protagonistes rencontrent aussi des œuvres…

E.A. : En effet, et ces œuvres qui sont avant tout présentes par la parole – une seule apparaît brièvement au début du spectacle – sont essentielles dans la dramaturgie du spectacle. Le Bacchus de Caravage provoque par exemple une bascule dans le rapport du trio au lieu. Le Narcisse du même peintre est aussi très important, de même que le Jeune homme dans son cabinet de travail de Lorenzo Lotto. Toutes ces œuvres agissent comme des révélateurs et déclenchent un mouvement chez chacun.

Propos recueillis par Anaïs Heluin

A propos de l'événement

Au-delà de toute mesure
du vendredi 13 mars 2026 au dimanche 12 avril 2026
Théâtre de la Tempête – Cartoucherie
Théâtre de la Tempête, Cartoucherie – Route du Champ de Manœuvre, 75012 Paris.

du mardi au samedi à 20h30 et le dimanche à 16h30. Tel : 01 43 28 36 36. www.la-tempete.fr. Durée : 1h30.

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