La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Danse - Entretien

Andres Marin

Andres Marin - Critique sortie Danse
© Alain Jacq

Publié le 10 décembre 2011 - N° 193

Une totale liberté d’expression

Le chorégraphe et danseur espagnol Andres Marin poursuit sa collaboration avec le compositeur et musicien Llorenç Barber. Après El Cielo de tu boca, Somos sonos initie une nouvelle expérience profondément singulière et audacieuse, un voyage où l’originel et le contemporain se rejoignent, à travers le son des cloches.

« Somos Sonos est un dialogue permanent entre le corps, le son et le mouvement, sans style flamenco prédéterminé. »
 
Vous créez à nouveau une pièce avec le compositeur et musicien Llorenç Barber. Qu’est-ce qui a fait naître ce nouveau spectacle ?
 
Andres Marin : J’aime les défis radicaux, et travailler sur l’homme et la cloche en est un ! Je suis alors seul en face de moi-même, mais j’entre aussi en communication avec le musicien Llorenç Barber qui consacre sa vie au son des cloches et invente tout un univers autour de ces sons. Llorenç et moi, nous nous rencontrons à travers la musique, nous nous rejoignons dans l’authenticité de notre passion commune pour les sons. Nous travaillons dans une totale liberté d’expression, sans modèle, sans convention.
 
Quel est votre lien au son et à la musique ? Comment intervient le flamenco dans la création ?
A. M. : Le flamenco, c’est mon langage et ma vie, il est présent dans ma famille depuis des générations, mon grand-père travaillait au café cantante "Café Suizo", mon père était danseur et ma mère chanteuse. Somos Sonos est un dialogue permanent entre le corps, le son et le mouvement, sans style flamenco prédéterminé. Llorenç et moi avons tous les deux un esprit anticonformiste et nous nous soucions de l’émotion que peut produire un son ou un mouvement. LLorenç combine aussi sa voix avec le son des cloches, il nous emporte dans son univers et nous fait voyager. Si le spectateur arrive à rentrer dans son univers, cela peut le faire aller dans des endroits qu’il n’avait jamais explorés auparavant, dans son intériorité. Et en ce qui me concerne, le visuel compte davantage, je raconte mon histoire et mes émotions à travers mon corps, à travers les sons, je m’exprime dans cet univers de cloches et d’histoires.
 
Comment concrètement vous organisez-vous tous les deux pour qu’émerge une forme qui vous donne satisfaction ?
A. M. : Nous parlons beaucoup avec Llorenç et je connais bien son travail, sa grande liberté. Nous avons beaucoup de points communs dans notre "philosophie "musicale, donc nous nous rencontrons, nous créons des séquences différentes dans ce spectacle avec des émotions diverses. Nous nous organisons de manière stricte, mais librement, nous nous soumettons aux cycles de la cloche, à ses notes désaccordées ou accordées. Il faut laisser voler les sens et l’imagination.

Quelles thématiques explorez-vous dans Somos Sonos ?
A. M. : La thématique se centre autour de ce que provoque dans notre conscient et inconscient la résonance des cloches. A Séville, où j’habite et où je suis né, les cloches sont très présentes. J’aime ce son des cloches méditerranéennes qui nous ramènent à notre mémoire et à des univers inexplorés. La question est de savoir comment  j’intègre ce thème dans mon monde flamenco.  Un homme danse, il dispose pour cela de son corps, de son écoute, de son âme, de ses tripes, de ses chaussures et de sa mémoire. Un autre joue, bouge et se laisse inspirer par le moment, par l’autre qui danse. Dans ce spectacle, on essaie de donner au spectateur le goût de l’écoute, un goût qui de nos jours s’est un peu atrophié.

Propos recueillis par Agnès Santi


Somos sonos d’Andres Marin et Llorenç Barber, le 13 décembre à 20h30 au Théâtre des Treize Arches à Brive-la-Gaillarde. Tél : 05 55 24 11 13.   

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