Les musicalités plurielles de Saburo Teshigawara
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Ana Perez a une actualité chargée en premier tiers de l’année 2026, après Chaillot en février, elle sera fin mars au Théâtre de la Ville, puis en tournée dans toute la France…
Vous avez grandi dans le flamenco. Comment cette danse est‑elle entrée dans votre vie ?
Ana Pérez : Je dois le flamenco à ma mère, Maria Pérez. Elle a fondé à Marseille le Centre Solea il y a plus de trente ans. Elle m’y donnait des cours tous les jours, faisait venir des professeurs d’Espagne pour des masterclass, programmait des artistes de tablao. Mon père, Patrick Servius, chorégraphe contemporain, m’a également transmis le goût du plateau et du processus de création. J’ai suivi son travail, assisté à ses répétitions, vu beaucoup de spectacles. J’ai reçu une formation contemporaine auprès de Josette Baïz, dans le Groupe Grenade, enfant et adolescente, mais le flamenco s’est imposé très tôt comme mon langage premier.
Vous travaillez aujourd’hui autour du Stabat Mater. Comment ce projet est‑il né ?
A.P. : La rencontre avec José Sanchez, virtuose de la guitare flamenca et du théorbe, instrument baroque à double manches et 14 cordes, a été déterminante. Nous avons collaboré sur Concertos en 37 1/2, puis sur une forme réduite, Sonate, qui nous a donné envie d’aller plus loin. L’idée d’utiliser une structure musicale existante nous stimulait. Nous avons envisagé le Requiem, trop sombre, puis le Stabat Mater, dont nous aimons profondément les versions de Pergolèse ou de Vivaldi. Le sujet nous touchait : une mère debout face au drame, une figure de résilience. Et la musique baroque, sombre mais traversée de lumière, nous semblait offrir un terrain idéal pour une première pièce de groupe. Nous avons donc créé Stans, (« debout » en latin) une première approche de la relecture du Stabat Mater en 2024, puis en 2026, Stabat Mater, les voix du corps.
Comment le flamenco trouve‑t‑il sa place dans un thème aussi grave ?
A.P. : La question ne s’est presque pas posée. Le flamenco porte en lui une puissance viscérale, une manière d’exprimer la douleur par un cri, une verticalité digne et farouche. La figure de la danseuse flamenca, comme celle du peuple gitan andalou, incarne une force qui affronte l’épreuve. Traverser le Stabat Mater avec ce bagage nous a semblé naturel : notre langage était déjà habité par cette intensité.
Avez-vous utilisé la musique de ces compositeurs ?
A.P. : Non, pas du tout ! José a composé une partition nouvelle à partir du texte médiéval religieux du Stabat Mater, que nous avons fait réécrire par Franck Merger dans une version profane. Nous avons retenu six strophes mises en musique et chantées par José. Nous avons également travaillé des chœurs. Tout est original, même si l’esprit du baroque demeure en filigrane.
Propos recueillis par Agnès Izrine
dans le cadre de Chaillot expérience Flamenco, le 7 à 20h30, le 8 à 13h.. Durée : 40 min. Tél. : 01 53 65 30 00.
Également au Théâtre de la Ville (Studio) du 27 au 31 mars à 15h, 17h, 20h, et 21h ; Scènes plurielles, Wallers-Arenberg le 3/04 ; Théâtre de Brétigny le 4/04,
Stabat Mater - Les voix du corps : Théâtre de Grasse, le 17/03 ; Théâtre Durance, SN Château Arnoux Saint Auban le 19/03 ; Théâtres en Dracénie, Draguignan le 21/03 ; Théâtre des 4 saisons, Gradignan et X La Manufacture CDCN Bordeaux · La Rochelle le 21/05 ; Boom’Structur en coréalisation avec La Cour des 3 Coquins à Clermont-Ferrand les 29 et 30/05.
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