Théâtre - Entretien

Entretien / Robert Cantarella
Théâtre Nanterre-Amandiers / écriture collective / mes Robert Cantarella

Notre Faust, saison 2

Publié le 21 février 2017 - N° 252

L’idée était d’imaginer un projet théâtral inspiré du mythe de Faust et construit à la façon d’une série télévisée. Après une première saison présentée à Théâtre Ouvert en 2015, Robert Cantarella crée la saison 2 de Notre Faust au Théâtre Nanterre-Amandiers. A l’écriture (collective) : Stéphane Bouquet, Robert Cantarella, Nicolas Doutey, Liliane Giraudon, Noëlle Renaude et Anaïs Vaugelade.  

Crédit : DR
Légende : L’auteur et metteur en scène Robert Cantarella.
Crédit : DR Légende : L’auteur et metteur en scène Robert Cantarella.

Quelle réflexion sur le théâtre est-elle à l’origine de ce projet de série théâtrale ?

Robert Cantarella : Il y a d’abord eu l’envie de réunir un ensemble d’auteur-e-s afin de travailler à plusieurs sur la création d’une œuvre, jusqu’à ne plus savoir où se situent les frontières entre nos différentes écritures. Ensuite, il y avait ma passion pour le comédien Nicolas Maury, avec qui je travaille maintenant depuis presque dix ans, et avec qui j’avais envie d’explorer la possibilité d’emprunter, au théâtre, le processus de création du cinéma. C’est-à-dire, un processus qui nous amènerait à répéter une pièce quatre jours en travaillant chaque séquence comme s’il s’agissait de prises. Car je n’avais pas les moyens de créer une pièce de sept heures avec une équipe de vingt personnes. J’ai donc voulu essayer de changer de conditions de production pour rendre cela possible, notamment en réduisant considérablement le temps de répétition.

 Ce qui revenait à changer radicalement votre façon de faire du théâtre…

RC. : Oui, et à me dire pourquoi pas… Pourquoi pas aller vers quelque chose que, d’habitude, je n’aurais pas aimé : c’est-à-dire la fiction… Pourquoi pas avouer le plaisir que j’ai à regarder des séries… Pourquoi pas convoquer des acteurs de familles très différentes… Tout cela revient, en effet, à faire quelque chose que je n’aurais pas osé faire d’habitude. Quelque chose, en fait, de pas très poli…

 « Le mythe de Faust permet de dire des choses très fortes, très violentes sur notre époque. »

Comment revisitez-vous le mythe de Faust ?

RC. : Nous racontons l’histoire d’un homme d’aujourd’hui (ndlr, Henri Faust, un ostéopathe dépressif) qui pactise avec le diable pour satisfaire ses désirs. La question est de savoir jusqu’où ce pacte va pouvoir le mener et de quelle façon il va le modifier et modifier son monde. Bien sûr, nous nous sommes servis de Goethe : le Faust I pour la première saison, le Faust II pour la seconde. Mais nous sommes aussi allés fureter un peu partout. Nous avons écrit ces deux saisons de façon indépendante, de sorte que l’on peut assister à la saison 2 sans avoir vu la saison 1.

Quelles zones de notre monde contemporain cette histoire éclaire-t-elle ?

RC. : Le mythe de Faust permet de dire des choses très fortes, très violentes sur notre époque. Par exemple, la question du désir renvoie à la volonté de jeunesse éternelle : tant que nous avons des désirs nous sommes jeunes. Cette pression de la jeunesse est évidemment l’une des terreurs de notre temps. Il nous a semblé très intéressant d’explorer cette question, ainsi que celle du prix de la satisfaction, de l’amour, du bonheur…, à travers des personnages d’aujourd’hui. Sans éviter le rire. Car tout cela, parfois, est très drôle.

 

Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat

A propos de l’évènement
Notre Faust, saison 2
du 2 mars 2017 au 26 mars 2017
Nanterre-Amandiers
7 Avenue Pablo Picasso, 92000 Nanterre, France

Salle transformable. Du 2 au 5 mars 2017 (épisode 1), du 9 au 12 mars (épisode 2), du 16 au 19 mars (épisode 3), du 23 au 26 mars (épisode 4). Les jeudis et vendredis à 20h, le samedi à 18h, le dimanche à 15h30. Intégrales du 29 mars au 1er avril à 19h30. Tél. 01 46 14 70 00. Durée de chaque épisode : 1h. Durée de l’intégrale : 4h20, pauses comprises.


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