La saison classique en France

Orchestre philharmonique de Strasbourg

Publié le 2 octobre 2009

La phalange alsacienne donnait fin novembre un concert destiné aux étudiants. Au programme : un remarquable concerto de Prokofiev et une décevante symphonie de Brahms.

Crédit photo : Pascal Bastien
Crédit photo : Pascal Bastien

La dernière étude sur les pratiques culturelles des Français menée par le Ministère de la culture révèle que 1 % seulement des 15-35 ans place la musique classique en tête de leurs préférences. Dur constat… C’est cette génération qu’a cherchée à séduire l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, mercredi 25 novembre, en se produisant dans l’aula du Palais universitaire de la métropole alsacienne. Un concert à entrée libre qui a fait salle comble (des étudiants en grande majorité mais aussi quelques professeurs). N’imaginez pas pour autant un quelconque brouhaha : l’audience était au contraire plus concentrée et moins bruyante que dans bien des soirées au Théâtre des Champs-Elysées… Après quelques discours saluant les 20 ans de l’Eucor, la confédération européenne des universités du Rhin supérieur, le concert s’est ouvert avec le Premier Concerto pour violon et orchestre de Prokofiev. En soliste, le trentenaire Daishin Kashimoto dévoile d’emblée une sonorité riche et lumineuse (il joue d’ailleurs sur un magnifique Stradivarius de 1722). Le musicien japonais fait parfaitement ressortir les deux facettes de cette œuvre, son lyrisme nostalgique et son ironie mordante. Le chef « invité » Simon Gaudenz ne sait par contre pas du tout l’accompagner, le bridant dans toutes ses respirations. L’orchestre joue mollement, malgré de belles couleurs dans les vents.

Déséquilibres

En deuxième partie, la Symphonie n°3 de Brahms fut pour le moins éprouvante à écouter. Bien sûr, l’acoustique trop résonnante de l’Université est difficile à maîtriser. Mais cela n’excuse pas de tels déséquilibres (les timbales étaient plus sonores qu’une batterie d’un groupe de heavy metal…) ni surtout cette absence totale d’engagement (aucun phrasé dans les premiers violons, totalement neurasthéniques). La faute en revient au chef, complètement inexpérimenté, mais aussi aux musiciens qui font le « service minimum ». Jouer en bis une Danse hongroise de Brahms avec aussi peu d’enthousiasme tient de la prouesse ! Seuls les vents nous offrent de beaux moments, en particulier le hautbois et le cor solo. Ces concerts « hors abonnement » ne devraient pas être des concerts au rabais. Rappelons que quand l’Orchestre philharmonique de Berlin se produit dans des quartiers difficiles, c’est leur chef principal Simon Rattle qui tient la baguette.

Antoine Pecqueur

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