La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Danse - Gros Plan

Transdisciplinaire Exit 2008

Transdisciplinaire
Exit 2008 - Critique sortie Danse
Crédit photo : Karine Pain Légende photo : Pierrick Sorin met en scène la famille en groupe de rock

Publié le 10 mars 2008

Pour sa quinzième édition, le festival international montre la création contemporaine sous toutes ses formes et porte le focus sur les scènes new-yorkaise et finlandaise.

Exit… Deux syllabes, qui tranchent net le barbelé des habitudes, comme pour percer l’issue de secours dans un paysage artistique qui frôle parfois le monochrome proprement cadré. Un titre bien choisi donc pour ce festival qui, depuis quinze ans maintenant, fraye hors des sentiers battus pour défricher ces nouveaux territoires émergeant à l’horizon des arts vivants et des nouvelles technologies. Théâtre, danse, musique, performances plastiques, vidéos… se télescopent, s’entremêlent ou résonnent au cœur de démarches esthétiques novatrices. Bousculant les frontières artistiques et géographiques, l’édition 2008 réunit encore des créateurs du monde entier pour une semaine de découvertes. L’itinéraire commence par une Immersion totale dans l’univers mutant des technologies numériques. Jamais à court d’un « dispositif piège », entre insolence potache et critique kitsch, l’espiègle Pierrick Sorin, vidéaste de renommée mondiale, a imaginé un Warming seat interactif qui chauffe les inepties télévisuelles jusqu’à faire sauter le bon sens. Des sculptures sonores d’Audio Kinematics aux « sololuminescences » d’Elena Domnitch et Dmitry Gelfand, en passant par le Reactable, instrument « collaboratif » de The Music Technology Group et les robots zoomorphes de France Cadet, l’exposition trace un curieux parcours dans les mondes parallèles au gré de quelques quatorze installations.
 
Expériences interactives
 
La danse s’aventure elle aussi sur les terres du virtuel. Avec Schwelle, le « média artiste » Chris Salter sonde la notion de seuil, faisant interagir le corps du danseur Michael Schumacher et un système de captation du mouvement. Ces frottements entre le vivant et la technologie trament le fil rouge du focus que le festival porte cette année sur la scène new-yorkaise. Big Art Group lie ainsi vidéo expérimentale et musique punk : inspiré des films de Douglas Sirk, Cinema Fury : The imitation plonge dans les coulisses de la nouvelle culture underground. Temporary distorsion va plutôt piocher au rayon « road movie » et « love story », pour un Welcome to nowhere qui explore les images cachées d’une mémoire en miettes. Quant à Eva et Franco Matte, ils s’incrustent directement dans le monde virtuel de second life et se font les héros d’un jeu vidéo en prise directe avec l’actualité contemporaine. Autre pays à l’honneur, la Finlande débarque sur les rives de la Marne, avec Les Hurleurs de Oulu, chœur d’hommes braillant les chansons populaires du folklore finlandais, et le compositeur Jori Hulkkonen, génie de la musique électronique, qui a su imposer son style, impeccable et pourtant mâtiné de loufoquerie. Avec Kaira, la chorégraphe Susanna Leinonen embrase quant à elle les sensations, provoquant une expérience d’art total qui combine le mouvement à l’espace, les lumières à la musique. Avec ses Dry Blood and Fresh Vegetables, l’auteur et metteur en scène iranien Amir Reza Koohestani apporte le contrepoint : sa nouvelle création s’immisce dans le cours d’une conversation téléphonique entre une mère et sa fille, avec sa façon bien à lui de décanter la banalité pour cerner les questions essentielles, intimes comme politiques.
 
Gwénola David


Exit 08, du 28 mars au 6 avril, à la Maison des arts de Créteil, Place Salvador Allende. Rens : 01 45 13 19 19 et www.maccreteil.com.

A propos de l'événement



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