La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Agenda

Scènes de rue

Scènes de rue - Critique sortie Théâtre Mulhouse
Crédit : DR Légende : Frédéric Rémy

Festival / Art de la rue / Mulhouse

Publié le 22 juin 2017 - N° 255

Pour la 21ème année, Scènes de rue fait du centre-ville de Mulhouse un espace d’art et de jeu. Directeur du festival, Frédéric Rémy défend un événement à taille humaine, ouvert à l’émergence autant qu’aux compagnies historiques des arts de la rue. À l’onirique autant qu’au politique.

« La tête dans les étoiles et les pieds sur terre », le slogan de cette édition 2017, semble suggérer que le rêve ne va pas de soi aujourd’hui dans les arts de la rue. Pourquoi ?

Frédéric Rémy : La Fédération Nationale des Arts de la Rue a récemment publié une tribune intitulée La France en état d’urgence culturelle. C’est en effet la situation dans laquelle nous sommes depuis deux ans, la liberté de création et de diffusion étant mise à mal sur certains évènements par des préconisations sécuritaires imposées à des organisateurs de spectacle dont ce n’est ni la mission ni le métier. Alors que la loi LCAP qui la défend vient d’être signée, il est urgent de ne pas laisser dépérir la création libre dans l’espace public.

Parmi les 32 spectacles de votre programmation, le cirque semble davantage du côté de l’onirique que les arts de la rue. Qu’en pensez-vous ? 

 F.R : La prouesse et le corps en jeu dans le cirque renvoient en effet souvent à un imaginaire fort qui peut paraître onirique. Mais il ne s’agit pas d’opposer le corps et les mots. L’inscription du corps dans l’espace public est un enjeu qui peut être politique. Et les artistes de cirque en jouent eux aussi. Des équipes de cirque comme Inextremiste ou la Mio Company, par exemple, abordent clairement des questions de société et s’engagent.

« En ces périodes troubles, il faut être parfois volontariste afin d’éviter de se renfermer sur soi-même. »

 

Vous travaillez en étroite collaboration avec les acteurs de l’urbanisme. En vingt ans de festival, le territoire en a-t-il été changé ?

F.R : Nous nous efforçons d’investir chaque année de nouveaux lieux et de proposer aux artistes de mettre en scène et en perspective des espaces souvent ignorés. Nous œuvrons à mettre en récit ces projets liés à la fabrique de la ville, mais aussi à générer des souvenirs collectifs, sensibles et conviviaux qui serviront peut-être à aménager la ville différemment. Cette année, la ballade d’exploration de la Folie Kilomètre ainsi que le trek danse de Robin Decourcy permettront d’explorer librement les rives de l’Ill qui traversent la ville et sont en voie d’aménagement. De nouveaux projets inscrits dans une autre temporalité sont aussi en préparation à Mulhouse…

 

Plusieurs spectacles, comme Téhéran du collectif Télé City et Sous le pont du Syrien Amre Sawah, font écho à l’actualité du Maghreb et du Moyen-Orient, également au centre du festival Vagamonde à Mulhouse.

F.R : Le festival Vagamonde porté par Monica Guillouet-Gélys à la Filature est en effet l’un des plus passionnants rendez-vous consacrés à cette ouverture euro-méditerranéenne. De notre côté, nous avons toujours tenu à donner à voir les créations du monde qui nous entoure et à tenter d’ouvrir des fenêtres qui contribuent à faire émerger un dialogue avec l’autre. En ces périodes troubles, il faut être parfois volontariste afin d’éviter de se renfermer sur soi-même et de permettre à ces artistes de s’exprimer, de témoigner, de nous raconter des histoires.

 

Propos recueillis par Anaïs Heluin

A propos de l'événement

Scènes de rue
du Mercredi 12 juillet 2017 au Dimanche 16 juillet 2017


Scènes de rue. Du 12 au 16 juillet 2017. Ville de Mulhouse. Point d’information place de la Réunion, 68100 Mulhouse, France. Site : scenesderue.fr.


x

Suivez-nous pour ne rien manquer sur le Théâtre

Inscrivez-vous à la newsletter

x
La newsletter de la  Terrasse

Abonnez-vous à la newsletter

Recevez notre sélection d'articles sur le Théâtre