Danse - Entretien / Nacera Belaza

Nacera Belaza recrée Le Cercle

Nacera Belaza Crédit : Pol Guillard

Le Manège de Reims présente en avant-première Le Cercle, recréation de la talentueuse et singulière Nacera Belaza.

” À chaque création j’ai cette sensation de faire table rase, de ne partir de rien.”

Nacera Belaza

Vous avez créé Le Cercle, qui faisait partie d’un programme de trois pièces, en 2012. Pourquoi la revisiter aujourd’hui ?

Nacera Belaza : À l’époque, ces trois pièces répondaient à un double cheminement. Le duo, fruit de plus de quinze ans de travail avec ma sœur Dalila, se scindait en deux solos. En même temps, l’envie de m’ouvrir à d’autres interprètes me traversait. Pour Le Cercle, ma vision de départ était celle d’une pièce de groupe, d’unisson. Comment créer l’union, la communion entre différentes personnes et corps ? J’ai décidé de monter cette pièce en Algérie, fait passer une audition et choisi dix danseurs. Aucun d’entre eux n’avait une pratique quotidienne de la danse, la plupart n’étaient pas allés à l’école et la cellule familiale de certains était complètement éclatée. Se retrouver face à des jeunes dans cette situation et devoir les préparer rapidement pour une scène comme Avignon était vertigineux. Il m’a alors fallu renoncer à cette idée de groupe et opter pour une forme très concentrée, un duo de 10 à 15 minutes. C’était un compromis. J’ai donc eu envie de remettre cette pièce sur la table pour voir où elle m’emmènerait. Je suis repartie avec une nouvelle équipe de cinq danseurs et ai essayé d’arriver à ce corps commun.

Et où vous a-t-elle emmenée ?

N.B. : À chaque création, j’ai cette sensation de faire table rase, de ne partir de rien. J’ai des intuitions, des envies, mais je découvre mes pièces au fur et à mesure de leur production. À un moment donné, une identité se met à émerger et je dois me contenter de l’observer. C’est en l’observant que je trouve le chemin. Pour Le Cercle, j’ai réalisé qu’inconsciemment j’avais envie d’élaborer une pièce sur un paroxysme, que j’avais besoin d’un point de saturation quasi permanent. Un mot revenait aussi énormément : déstructuration. Le corps, le son, la lumière, tout y est déstructuré.

L’équipe que vous avez choisie brasse les nationalités et mêle autodidactes et danseurs académiques. Est-ce une volonté ?

N.B. : Rien n’est chez moi le fruit de la volonté, je suis quelqu’un d’extrêmement intuitif. Comment ai-je choisi ces personnes ? J’ai rencontré l’une dans un concours de danse en Tunisie, une autre dans un de mes ateliers en Irlande, une autre à Paris, un dernier au Ballet National de Marseille. Aurélie Berland, avec laquelle je travaille depuis longtemps, complète la distribution. Mon désir n’était certainement pas de faire dans la diversité. J’ai au contraire reconnu quelque chose de commun dans chacun d’entre eux. Je suis née en Algérie, mes parents sont venus en France et je me suis retrouvée entre deux cultures. Je pense que c’est ce qui motive mon désir d’unité. J’ai toujours ressenti le besoin de relier, de trouver des corrélations entre les choses.

 

Propos recueillis par Delphine Baffour

A propos de l'événement

Nacera Belaza recrée Le Cercle
du Vendredi 25 mai 2018 au Samedi 26 mai 2018
Le Manège Scène nationale
2 boulevard Général Leclerc, 51100 Reims

Le 25 mai à 19h30 et le 26 mai à 18h30. Tél. 03 26 47 30 40.


Durée : 50 mn.


Egalement les 4 et 5 juillet au Théâtre Joliette dans le cadre du Festival de Marseille.


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