Danse - Critique

Monstres – On ne danse pas pour rien

Monstres /on ne danse pas pour rien, par DeLaVallet Bidiefono. Crédit : Théâtre de Choisy-le-Roi

Théâtre Romain-Rolland / Tournée / Chor. DeLaVallet Bidiefono

Après le succès d’Au-delà lors du festival d’Avignon 2013, DeLaVallet Bidiefono propose sa nouvelle création, mêlant danse, musique et vidéo autour de l’idée de construction.

DeLaVallet Bidiefono, né dans les années 1980 à Pointe-Noire au Congo, commence par être chanteur avant de s’intéresser à la chorégraphie qu’il apprend en autodidacte. En 2001, il s’installe à Brazzaville et fonde la Compagnie Baninga. Artiste engagé dans la vie artistique de son pays, DeLaVallet a par ailleurs collaboré avec les metteurs en scène David Bobée et David Lescot ou avec le dramaturge Dieudonné Niangouna.  Après Au-Delà, créé au Festival d’Avignon, Monstres – on ne danse pas pour rien quitte les tourments de la guerre pour raconter un autre combat. Celui de construire son rêve, un lieu dédié à la danse à Brazzaville. Dix danseurs et quatre musiciens multi-instrumentistes s’engagent dans la danse avec une énergie « monstre ». Ici, on ne chôme pas, il s’agit de construire l’avenir. Dans un décor d’échafaudages qui portent les musiciens, femmes et hommes lancent leurs corps dans la bataille. Au rythme des percussions, de la guitare, de la basse et du chant, se forment des unissons comme autant de lignes de force pour faire avancer le chantier et, dans un même mouvement, la chorégraphie.

Une ode à l’espoir

Vitale, très physique, avec une violence qui affleure mais ne se déchaîne pas, la danse jouxte parfois la transe. Ce sont des corps combattants, qui piétinent le sol et boxent l’air, sautent avec obstination, déployant une danse puissante, une danse de résistance, et nous rappellent l’acharnement qui a été le leur pour faire surgir ce Centre Baning’Art, construit de leurs propres mains, inauguré en décembre 2015. Rébecca Chaillon, performeuse d’exception d’origine antillaise, qui vient s’ajouter à la troupe, porte de la voix et du geste un texte d’une force peu commune. Elle raconte la vie, la mort, le sexe et la condition noire avec un cran inouï, une effronterie assumée, un bagout ahurissant. C’est une esthétique empreinte de la résistance aux monstres imposés par la dictature qu’affirme DeLaVallet Bidiefono. Une pièce sans concession, ambitieuse, car porteuse de l’espoir de toute une jeune génération d’artistes africains. C’est pourquoi ils ne dansent pas pour rien !

 

Agnès Izrine

A propos de l'événement

Monstres – On ne danse pas pour rien
du Mardi 16 janvier 2018 au Samedi 23 juin 2018
Théâtre Romain Rolland
18 Rue Eugène Varlin, 94800 Villejuif, France

Le 2 février à 20h30. Tél. : 01 49 58 17 01. Durée : 1h00. Spectacle vu le 16 novembre 2017 au Festival Instances de Chalon-sur-Saône.


Egalement en région : Le 16 janvier 2018 au Grand R, de La Roche-sur-Yon, le 19 janvier 2018 au Théâtre de Saint-Nazaire, les 22 et 23 janvier 2018 au Grand T, Nantes, le 31 janvier 2018 à TANDEM, Hippodrome de Douai, le 6 février 2018 à la Halle aux Grains à Blois, le 8 février 2018 à la Faïencerie à Creil, le 20 février 2018 au Manège de Maubeuge, le 23 février 2018 aux Salins à Martigues, les 22 et 23 juin 2018 à la Grande Halle de la Villette à Paris.


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