La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Critique

Meilleurs alliés

Meilleurs alliés - Critique sortie Théâtre Paris Le Petit Montparnasse
Meilleurs alliés sera au Petit Montparnasse CR : Bernard d’Oultremont

Le Petit Montparnasse / de Hervé Bentégeat / mes Jean-Claude Idée

Publié le 24 août 2017 - N° 257

De Gaulle et Churchill s’affrontent alors que les troupes alliées s’apprêtent à débarquer en Normandie. Meilleurs alliés raconte l’opposition tranchée entre ces deux personnalités de l’Histoire.

Adeptes de l’innovation théâtrale, passez votre chemin. Du point de vue de la mise en scène et du jeu, Meilleurs alliés relève d’un style naturaliste le plus traditionnel qui soit, sans doute à l’excès, avec imitation du réel en ligne de mire. De Gaulle habillé dans son mythique costume de général et Churchill en petit rondouillard vous attendent dans le wagon de commandement anglais la veille du débarquement. Dehors, le ciel noir envoie des bourrasques de vent et des nuages prêts à crever défilent dans le ciel tandis que les mouettes criaillent sur fond de plages anglaises. De temps à autre, un avion passe. De Gaulle est mécontent de n’être pas associé aux préparatifs du débarquement et s’inquiète des projets de mise sous tutelle de l’administration de la France conçus par les Américains. Churchill cherche, lui, à ce que de Gaulle prononce une allocution destinée à mobiliser les français de l’intérieur dans le sillage des troupes alliées. Dans ce conflit, chacun a ses armes et ses arguments, et Meilleurs alliés métamorphose rapidement la confrontation autour des enjeux politiques en l’opposition de deux personnalités opposées que l’Histoire réunit.

Un dialogue qui redessine l’Histoire

Dans un deuxième temps, les ambassadeurs respectifs jouent les intermédiaires et le face à face tourne au côte-à-côte, chacun dans son bureau ne communiquant plus avec l’autre que via son émissaire. Le spectacle trouve alors son rythme de croisière. De Gaulle en grand « dindon » mélancolique, pétri de valeurs et de vanité, inflexible à en devenir raide, Churchill  tout en rondeurs, bon vivant cynique et rigolard, ont des personnalités que tout oppose sauf le goût du pouvoir et de la politique. Leur dialogue redessine l’Histoire et notamment le fait que la France ne peut définitivement pas être considérée comme actrice majeure de la victoire finale. Dans la foulée il égratigne gentiment de Gaulle pour une certaine forme de mépris du peuple – et des femmes – mais aussi les Français que leur futur Président ne ménage pas dans ses propos. Tout cela n’est pas bien neuf et le plaisir des spectateurs consiste sans doute à retrouver des dessins de personnalité déjà connus. C’est parfois drôle, la langue de de Gaulle, aussi archaïque que belle, épique que datée, fait resurgir des termes joliment désuets (« salmigondis », « zozos », etc.), le tout prononcé par un acteur qui imite à la perfection son ton et son phrasé.  Dans ces coulisses fictionnelles de notre Histoire nationale, on trouve avec plaisir la restitution d’un passé parfois oublié.

Eric Demey

A propos de l'événement

Meilleurs alliés
du Mercredi 7 septembre 2107 au Vendredi 1 décembre 2017
Le Petit Montparnasse
31 Rue de la Gaité, 75014 Paris, France

du mardi au samedi à 21h et le samedi à 16h. Spectacle vu aux Trois Soleils à Avignon. Durée : 1h15.


 


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