La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Danse - Entretien Lia Rodrigues

Pindorama

Pindorama - Critique sortie Danse Vitry-sur-Seine Théâtre Jean Vilar
Crédit : Sammi Landweer Légende : Du corps et de la matière… la nouvelle création de Lia Rodrigues.

Théâtre Jean Vilar / Théâtre National de Chaillot hors les murs / Théâtre de la Cité Internationale / Le Centquatre / L’apostrophe
Chorégraphie Lia Rodrigues

Publié le 24 octobre 2013 - N° 214

Accompagnée depuis huit ans par le Théâtre Jean Vilar à Vitry, et de retour dans le Festival d’Automne, Lia Rodrigues livre sa nouvelle création. Une proposition qui questionne le corps, son rapport à l’autre et à son environnement… avec la radicalité qu’on aime toujours chez cette chorégraphe brésilienne.

« Je recherche une grande proximité entre le public et les danseurs. »

Dans cette création, vous poursuivez votre travail sur le collectif. Mais quelles sont les autres pistes qui vont émerger ?

Lia Rodrigues : Cette pièce est le troisième volet d’un triptyque, pour autant je ne la considère pas comme la fin d’un cycle. J’ai voulu qu’elle soit articulée avec mes autres pièces Pororoca et Piracema, tout en ouvrant un chemin. Je pense que l’on va creuser davantage l’idée d’« être ensemble » plutôt que celle du « collectif ». Au quotidien, cela fait partie de mon travail d’être dans un groupe, que ce soit dans le travail que je fais dans la Favela de Mare, dans ma compagnie avec ses onze danseurs, ou dans l’école de danse. Et puis la littérature m’a aidée à engager une réflexion différente : j’ai beaucoup travaillé sur Clarice Lispector, en particulier un livre qui rassemble ses chroniques. Cela m’a donné une inspiration profonde, m’a permit d’entrer dans le processus de création et de trouver l’atmosphère de Pindorama.

Dans ce travail de groupe, y a-t-il l’idée de communauté ?

L. R. : Non, nous sommes une compagnie, avec des gens qui collaborent ensemble à différents niveaux. On forme une communauté le temps de la représentation, mais je tiens beaucoup à ce que l’on soit des individus. Je préfère m’attacher à la diversité. Pour moi l’idée de communauté referme, car elle sous-entend des gens qui croient aux mêmes choses en même temps. Il s’agit pour moi davantage de l’idée d’être ensemble, que de l’idée d’une communauté.

Retrouvera-t-on cet « être ensemble » dans votre façon caractéristique de se toucher, de partager l’énergie, d’être dans un rapport franc au corps ?

L. R. : On va chercher dans cette direction, mais avec des objets cette fois-ci. Il y aura la présence très forte d’un grand morceau de plastique, avec des matières qui font partie du travail et qui vont questionner leur rapport au corps. Ce sera lié à l’eau. La nudité va être fortement présente également, et je recherche une grande proximité entre le public et les danseurs.

Pourquoi la présence de l’eau ?

L. R. : C’est une question très difficile ! L’eau est liée à l’idée de Pindorama : c’est le nom du Brésil avant la venue des colonisateurs, avant que le Portugal envahisse le Brésil. Ils sont arrivés par l’eau, et l’eau a une signification très forte ici, une présence tropicale !

Est-ce l’idée d’un retour à un Brésil des origines, et donc à un être humain un peu plus originel ?

L. R. : Oui, je pense qu’au fond il a cette idée-là, et avec cet élément sur scène, on a la possibilité d’inventer un autre espace, un autre territoire. Cela ouvre beaucoup de perspectives pour l’imaginaire.

 

Propos recueillis par Nathalie Yokel

A propos de l'événement

Pindorama
du Vendredi 15 novembre 2013 au Mardi 3 décembre 2013
Théâtre Jean Vilar
1 place Jean Vilar, 94400 Vitry-sur-Seine
Du 15 au 17 novembre 2013, le vendredi et le samedi à 21h, et le dimanche à 16h. Tel : 01 55 53 10 60. Dans le cadre d'un partenariat avec le Théâtre National de Chaillot hors les murs, au Théâtre de la Cité Internationale, 21 boulevard Jourdan, 75014 Paris. Du 21 au 26 novembre à 20h30, relâche le dimanche. Tel : 01 43 13 50 50. Le Centquatre, 5 rue Curial, 75019 Paris. Du 28 au 30 novembre à 20h30. Tel : 01 53 35 50 00. L’apostrophe, Théâtre des Louvrais, place de la Paix, 95027 Pontoise. Le 3 décembre à 20h30. Tel : 01 34 20 14 14.
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