La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Classique / Opéra - Portrait

Les chemins de Pascal Dusapin

Les chemins de Pascal Dusapin - Critique sortie Classique / Opéra Paris Cité de la Musique - Philharmonie de Paris
Le compositeur Pascal Dusapin. © Marthe Lemelle

PORTRAIT / PHILHARMONIE

Publié le 23 janvier 2018 - N° 262

La Philharmonie fait du prolifique compositeur un « portrait en habits romantiques » à travers un habile parcours entre musique de chambre, voix et orchestre.

Il y a du romantique assumé en Pascal Dusapin. Cet inlassable lecteur de Goethe, qui avait consacré en 2004 un opéra au mythe de Faust (en s’appuyant certes, selon ses dires, plutôt sur la tragédie de Marlowe que sur le poème de Goethe), ne s’est jamais caché d’une certaine propension à la mélancolie ; il avait d’ailleurs donné ce titre, La Melancholia, à une belle cantate, l’une de ses premières grandes œuvres marquantes, en 1991. Cette attirance pour le nocturne, l’ombre d’où jaillit et vacille la flamme de la musique et de l’amour, se retrouve tout entière dans O Mensch, cycle de lieder sur des textes de Nietzsche porté par la collaboration du compositeur avec le baryton Georg Nigl, qui fut le Faust de son opéra.

L’empreinte du Wanderer

La musique de Pascal Dusapin se veut volontiers cheminante, moins narrative que rêveuse. Le compositeur emprunte l’attitude du Wanderer, figure emblématique du romantisme, et marche sur les traces de Schubert, dont il a transcrit quelques lieder que chantera le 18 février la soprano Raquel Camarinha, en écho à des pièces de musique de chambre et vocales récentes de Pascal Dusapin. Le compositeur accompagnera ce récital de la lecture des auteurs dans lesquels il puise souvent son inspiration : Goethe donc, mais aussi Beckett. Si, par son titre, Morning in Long Island, la dernière pièce de Pascal Dusapin au programme de ce week-end semble sortir de la nuit romantique, son propos musical, très contemplatif, de la rêverie adagio à la turbulence de certains de ses Solos pour orchestre, reste teinté de mélancolie. Et on peut supposer que le compositeur approuve pleinement le choix de Marko Letonja de prolonger avec la soprano Nina Stemme et le baryton-basse Falk Struckmann le concert de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg avec le huis clos empli d’ombres et de pleurs du Château de Barbe Bleue de Bartók.

 

Jean-Guillaume Lebrun

A propos de l'événement

Les chemins de Pascal Dusapin
du Samedi 17 février 2018 au Dimanche 18 février 2018
Cité de la Musique - Philharmonie de Paris
221 avenue Jean Jaurès, 75019 Paris

Samedi 17 février à 18h, dimanche 18 février à 11h, 15h et 16h30. Tél. : 01 44 84 44 84.


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