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Sortie Cinéma le 30 septembre

« Le Chant des oliviers » : Alex Camilleri revient avec un road movie émouvant et passionnant autour du Għana, chant traditionnel maltais

« Le Chant des oliviers » : Alex Camilleri revient avec un road movie émouvant et passionnant autour du Għana, chant traditionnel maltais - Critique sortie Cinéma France
©DR

Sortie film / réalisation et scénario Alex Camilleri

Publié le 30 août 2026 - N° 346

Après un premier film, Luzzu, couronné au Festival de Sundance et sorti en 2022, Alex Camilleri revient avec un road movie émouvant et passionnant autour du Għana, chant traditionnel maltais.

Parmi toutes les langues de l’Union européenne, le maltais est une des plus anciennes encore vivantes. Il reflète, dans son lexique et ses inflexions, les influences arabes, italiennes et anglaises sur l’île. Le Għana (prononcé « ana ») est un chant traditionnel maltais, inscrit en 2021 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Sa forme la plus populaire est celle de « l’esprit vif – le spirtu pront », semblable aux battles du rap, où l’art de la rime rivalise avec celui de la saillie et de la répartie. Nenu Borg est une des stars du Għana, connu dans tout l’archipel maltais sous son nom de scène, « I-Brazz ». À 82 ans, il apparaît pour la première fois à l’écran. Sorti de sa retraite par le tournage, il n’avait pas chanté depuis une quinzaine d’années. Alex Camilleri imagine sa rencontre avec Mar (interprétée par la splendide Michela Farrugia), jeune femme qui sollicite son aide pour retrouver les terres qu’elle a reçues en héritage et qu’elle espère vendre pour quitter Malte et s’émanciper de ses souvenirs familiaux.

Ode à la vie, au partage et au pardon

La rencontre entre Nenu et Mar, et celle, non moins touchante, avec Anglu (magnifique Michael Azzopardi), un musicologue qui recueille les formes encore vivaces de cet art ancestral, sont l’occasion d’un passionnant dialogue entre générations. Tradition et modernité, enracinement et arrachement s’affrontent, jusqu’à ce que les oliviers, qui couvrent le terrain que Mar retrouve à la fin de son périple, lui murmurent les mots de consolation et de transmission que sa mère n’a pas su prononcer avant de mourir. Si le film suggère les contrastes qui écartèlent Malte, entre tourisme effréné et ruralité archaïque, il peint surtout, avec tendresse et finesse, la rencontre improbable entre la jeune femme volcanique et rebelle et le vieillard qui reprend goût au chant, en trouvant en elle une compagne poétique possible et une petite-fille de substitution. Les visages, filmés au plus près, disent les émotions qui traversent ces âmes mortes : elles ressuscitent ensemble autour du chant, de la capacité à dire les fêlures, à entendre les défauts. Les enregistrements et les images d’archives ajoutent au fonds ethnographique passionnant de ce film, qui nous rappelle que le rapport que les hommes entretiennent à la terre, à la filiation, à la tradition et aux racines est fait de mots. « Vous êtes perdus, disait Rousseau, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la Terre n’est à personne. » Ceux que récoltent Mar et Nenu pendant leur quête en voiture rose sont délicieux.

Catherine Robert

 

A propos de l'événement

"Le Chant des oliviers"
du mercredi 30 septembre 2026 au vendredi 30 octobre 2026


Sortie en Cinéma le 30 septembre

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