Jazz / Musiques - Gros Plan

La voix est libre

La contrebassiste Joelle Léandre est une fidèle de La Voix est libre. © Christophe Charpenel

PARIS/FESTIVAL

Pour sa quinzième édition, le festival transartistique continue de creuser le sillon de l’inédit.

Né entre les deux tours des élections présidentielles de 2002, La Voix Est Libre s’est installé au fil des années comme un rendez-vous des musiques qui cherchent, sans forcément toujours trouver. C’est l’une des forces de ce festival pas vraiment comme la plupart. Plus qu’un projet, il s’agit d’un trajet, avec ses obliques et ses sommets, ses chemins buissonniers, ses superbes dérives… En clair, en tous sens, mais sans interdit. La belle utopie est ainsi devenue réalité, avec des instants chavirés et des moments vertigineux sur scène, de doux délires et de vrais plaisirs. On y a vu beaucoup de monde échanger, partager, comme le groove transartistique de Bernard Lubat et la pensée « créolisée » d’Édouard Glissant, comme Boris Charmatz chorégraphiant les mots de Saul Williams, comme tant d’autres rencontres du troisième type. « L’humanité sera poly-gammes, ou ne sera pas ! », insistait voici cinq ans Blaise Merlin, le catalyseur de cette liberté recouvrée. Comme une promesse de lendemains en chantier, parfois même en chansons.

Aux âmes citoyen !

Pour cette édition, fidèle à sa rhétorique pleine de jeux de mots, il en appelle “aux âmes citoyen“, dans un édito au verbe fleuri. « Notre programme s’écrit ici et maintenant, engagé corps et âmes dans l’impro-fusion de richesses qui peuvent être simultanément produites et partagées sans compter. Car quand les artistes prennent le pouvoir, c’est pour mieux nous en libérer ! » On ne saurait le contredire d’autant qu’à ces bonnes paroles se joint le geste, en l’espèce une programmation qui ose et interpelle. À l’image du Penzum qui associe le danseur et chorégraphe Josef Nadj et la contrebassiste Joëlle Léandre (les 4 et 5 juin au Lavoir moderne). Autre moment attendu, le trio formé par le chant de Ghalia Benali, les tablas de Prabhu Edouard et la contrebasse de Claude Tchamitchian (le 1er juin au théâtre de la Cité internationale), sans oublier la soirée de clôture (le 9 juin au centre FGO Barbara), où seront présents les chants nilotiques du Lamma Orchestra, la poétique du chantre soudanais Munheim Rahama, des musiciens ouïgours et libanais, et le mix du Syrien Wael Alkak, qui projette au cœur de la piste de transe les musiques dites traditionnelles… Tout un programme !

Jacques Denis

A propos de l'événement

La voix est libre
du Vendredi 1 juin 2018 au Samedi 9 juin 2018

Paris

Places : de 5 à 20 €. www.festival-lavoixestlibre.com


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