Jérémie Le Louët et les siens revisitent « Macbett » de Ionesco et célèbrent la force du théâtre avec maestria.
Artisans talentueux, Jérémie Le Louët et les [...]
Cofondatrice du Birgit Ensemble, Julie Bertin ouvre la nouvelle saison du Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis avec Bientôt le jour. Conçue à partir de témoignages récoltés en France et à l’étranger, cette création à la croisée de l’intime et du politique interroge l’origine de nos soulèvements individuels.
« L’idée de ce nouveau spectacle est née de la lecture d’un livre de Georges Didi-Huberman, Désirer désobéir, qui part à la recherche des choses qui nous soulèvent. Il explore ce thème en se plaçant du côté du collectif. J’ai voulu, quant à moi, interroger ce qui nous soulève individuellement, avant que les corps ne deviennent solidaires les uns des autres. Qu’est-ce qui peut nous amener alors à désobéir, à être en rupture avec le cours de notre vie : d’un jour à l’autre, parfois même d’une seconde à l’autre ? Qu’est-ce qui peut nous amener à dire “Non, ça, ce n’est plus possible”, à subitement renverser le monde qui jusque-là était le nôtre ? Pour tenter de répondre à ces questions et nourrir l’écriture de Bientôt le jour, j’ai fait circuler un appel à témoin dans différents pays qui visait à récolter des récits de personnes ayant vécu l’expérience intime d’un soulèvement.
Sept récits de vie
Cet appel à témoin a donné lieu à une centaine de rencontres très touchantes. Des personnes que je ne connaissais pas m’ont livré un pan entier de leur existence. Ensuite, il a fallu faire le choix difficile de ne garder que sept récits, un par pays (ndlr, l’Autriche, l’Italie, l’Espagne, les États-Unis, l’Inde, le Cameroun et la France). Mais mon projet n’était pas de créer une pièce documentaire. J’ai demandé aux personnes interviewées l’autorisation d’ajouter de la fiction à leur histoire, afin de réaliser une véritable transposition théâtrale. Pour moi, la fiction ne vient pas trahir le réel, mais plutôt le compléter, l’éclairer d’un autre jour. En ce sens, elle me permet de faire théâtre, d’accéder de manière sensible, presque organique, charnelle, aux récits de vie qui m’ont été transmis. »
Propos recueillis par Manuel Piolat Soleymat
Du lundi au vendredi à 19h30, le samedi à 17h, le dimanche à 15h, relâche le mardi. Durée : 2h15. Tél. : 01 48 13 70 00.
Également du 15 au 17 octobre 2026 à la MAC de Créteil, les 18 et 19 novembre au Grand R à La Roche-sur-Yon, le 8 janvier 2027 à La Passerelle à Gap, le 12 janvier au ZEF à Marseille, le 15 janvier à la Scène nationale du Grand Narbonne, les 25 et 26 janvier au Bateau Feu de Dunkerque.
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