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La musique Baroque en France

Orchestre des Champs-Élysées, instrument d’un maître

Orchestre des Champs-Élysées, instrument d’un maître - Critique sortie
Philippe Herreweghe dirige l’Orchestre des Champs-Élysées. Photo : DR

Publié le 10 juillet 2008

Orchestre des Champs-Élysées, instrument d’un maître

En résidence en Poitou-Charentes, partenaire de l’Abbaye aux dames de Saintes et de la Scène nationale de Poitiers, où un nouvel auditorium ouvrira en 2008, l’orchestre de Philippe Herreweghe revisite les répertoires entre rigueur intellectuelle et liberté créatrice.

On ne peut comprendre le son, et même l’existence, de l’Orchestre des Champs-Élysées qu’en se penchant sur le parcours de son fondateur, Philippe Herreweghe, soixante ans dont quarante passés à interpréter les répertoires que lui propose sa culture encyclopédique. Pour cela, Philippe Herreweghe se mit, dès le début des années soixante-dix, à fonder des ensembles devenus aujourd’hui des objets mythiques de l’histoire de l’interprétation baroque. Quelques années après que Nikolaus Harnoncourt eut ouvert la voie avec le Concentus Musicus de Vienne, Philippe Herreweghe donne ainsi naissance au Collegium Vocale de Gand, ensemble vocal destiné d’abord à l’interprétation du répertoire baroque, mais qui rapidement débordera vers la Renaissance et vers le classicisme, puis jusqu’au romantisme et au XXème siècle.

Équilibre des lignes et du contrepoint

Avec La Chapelle royale, qu’il fonde en 1977, puis avec l’Orchestre des Champs-Élysées à partir de 1991, le chef flamand étend l’application du travail initié par les théoriciens du mouvement baroque à des répertoires qui bénéficient ainsi d’une démarche respectueuse du texte musical autant que du contexte historique de production des œuvres. L’époque actuelle, friande d’hyperspécialisation, peut avoir du mal à accepter qu’un chef étiqueté « baroque » sur la base d’interprétations géniales de Bach et de ses précurseurs soit à même de proposer sa vision des oratorios de Mendelssohn, des symphonies de Schumann, de Brahms ou de Mahler. C’est oublier que ces œuvres ont à voir les unes avec les autres ; c’est surtout ne pas voir combien Philippe Herreweghe s’applique à retrouver dans chaque époque l’équilibre des lignes et du contrepoint. Loin de toute démarche « romantisante », l’art de Philippe Herreweghe se fonde sur le respect des œuvres et sur la stimulation que provoquent les couleurs retrouvées. Il se trouve de plus que, grâce peut-être à sa naissance en Flandres, le chef se trouve à la jonction du monde germanique et des influences parisiennes : qui ne souhaite l’entendre se préoccuper de transparence réinventée chez Debussy comme il le fit jadis chez Bach et hier chez Bruckner ‘

J.-G. Lebrun

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