La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

La musique contemporaine : histoire et évolution

Improvisation

Improvisation - Critique sortie
Légende : Joëlle Léandre © DR

Publié le 15 novembre 2013

Musique contemporaine, musique savante, musique écrite. Pour beaucoup, ces termes restent sinon synonymes au moins liés par une logique imparable ; […]

Musique contemporaine, musique savante, musique écrite. Pour beaucoup, ces termes restent sinon synonymes au moins liés par une logique imparable ; une logique qui fait sortir de son champ le jazz, mais aussi a priori tout ce qui ferait abdiquer l’écriture et organiser et prévoir le discours musical. L’improvisation n’a-t-elle donc pas droit de cité au sein de la musique contemporaine ? Ce n’est évidemment pas si simple et les tenants d’une musique très écrite reconnaissent, à l’instar de Philippe Manoury, que « l’écriture elle-même est très limitée et qu’il y a une énorme part de tradition orale dans l’interprétation de toute musique savante ». L’interprétation est donc un espace de liberté qui se développe en dehors de l’écriture, l’interprète prenant des décisions qui peuvent être « longuement mûries » et d’autres « plus intuitives et spontanées ». La réflexion sur une musique plus libre – ou en tout cas moins déterministe – a pris au xxe siècle le tour de l’aléatoire, avec les œuvres de John Cage par exemple, qui, s’inspirant du Ji King chinois, confie au hasard un certain nombre de paramètres de la composition de Music of Changes (1951) et imagine une notation en durées proportionnelles, porteuse d’un rapport au temps réinventé. Quelques années plus tard, le Polonais Witold Lutoslawski (1913-1994) introduit dans son écriture le contrepoint aléatoire et alterne désormais dans ses œuvres notation précise et plages au tempo suspendu. L’improvisation véritable cependant ne trouvera sa place dans la création musicale savante qu’un peu plus tard grâce à l’action de musiciens « passeurs », souvent influencés par le free jazz, comme le clarinettiste et saxophoniste Michel Portal ou la contrebassiste Joëlle Léandre, elle-même très marquée par la pensée musicale de John Cage. La musique improvisée, qui a repoussé les frontières de la musique contemporaine et du jazz (avec des artistes comme Fred Frith, Christian Marclay ou Anthony Braxton) a développé une forte dimension expérimentale, qui touche au son autant qu’aux relations avec les autres arts, comme le propose par exemple le Groupe de recherche et d’improvisation musicales (GRIM) de Marseille.

 

JGL

 

À écouter :

John Cage, Music of changes par Herbert Henck (Wergo)

Joëlle Léandre, Les douze sons (Nato)

A propos de l'événement



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