La Terrasse

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Le Cirque contemporain en France

En plein essor et en danger

En plein essor et en danger - Critique sortie
Légende : Martine Leroy et Martin Gerbier, codirecteurs du Balthazar CR: Corinne Gal

Formation et écoles de cirque / Centre des arts du cirque Balthazar Montpellier / Centre des arts du cirque Balthazar

Publié le 11 novembre 2014

Elles sont six écoles à vocation professionnalisante reconnues par le ministère. Leur objectif  est de préparer les jeunes aux écoles supérieures comme le CNAC. Une étape décisive dans leur parcours relatée par Martine Leroy et Martin Gerbier du Balthazar à Montpellier.

Quels sont les enjeux de cette phase de professionnalisation    ?

Martin Gerbier : Depuis 17 ans nous formons des élèves et le niveau a changé, de plus en plus de gens veulent faire ce métier mais il y a peu d’élus. Avant, on avait des élèves en échec scolaire mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le cirque s’est institutionnalisé et attire toujours plus de monde, mais le projet de vivre autrement reste aussi un arrière-plan.

Martine Leroy : Nous avons appris à accueillir des jeunes et à les accompagner dans leur transformation. Ils sortent du cocon familial et doivent entrer dans une dynamique très exigeante. Nous leur demandons de la rigueur dans le travail mais aussi de rester spontané et d’avoir de la fantaisie. Un élève doit affronter la pression sur la question de son potentiel, mais aussi du choix de sa spécialité et enfin de son choix de vie. Pour toutes ces raisons, nous essayons ici d’avoir un accompagnement très proche et bienveillant.

« 80% de nos élèves en préprofessionnalisation font ce métier après. » M.G.

Balthazar est-elle seulement une sorte de prépa aux grandes écoles    ?

M.L. : Nous préparons les élèves aux écoles supérieures mais notre but est surtout de les amener là où ils sont le plus aptes à aller. Certains arrivent plus tard, vers 22 ans, et nous travaillons alors à leur insertion directe dans le monde du cirque. Balthazar travaille aussi auprès des amateurs, des enfants, des adultes et des publics dits sensibles.

M.G. : 80% de nos élèves en préprofessionnalisation font ce métier après. 5 élèves de Balthazar ont intégré la dernière promotion de Châlons. Et nous appartenons aussi à la Fédération Européenne des Écoles de Cirque et envoyons des élèves dans des écoles étrangères, à Bruxelles ou à Montréal par exemple. Malgré cela, nous restons très peu financés par l’Etat – 60000 euros par an quand Châlons reçoit plus de 3 millions –, et comme le ministère de la Culture ne nous accorde pas encore de fonction diplômante, la région, qui est notre plus gros soutien et verse le double de l’État, peut retirer ses subventions à tout moment. Nous avons donc beau avoir acquis une vraie crédibilité concernant notre haut niveau, nous demeurons fragiles et en danger.

 

Propos recueillis par Eric Demey

 

Balthazar, 16 rue Thoiras, 34000 Montpellier. Tél : 04 67 42 28 36. www.balthazar.asso.fr

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