La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

La saison classique en France

Contre une actualisation hasardeuse des œuvres

En enregistrant des transcriptions de Bach ou des œuvres originales de Paganini, Liat Cohen nous révèle des facettes méconnues de la guitare classique. La musicienne franco-israélienne affirme une démarche active de réappropriation, redécouverte et réhabilitation de ce qu’elle considère comme le grand répertoire de son instrument. Un toucher d’une rare finesse au service d’une profonde musicalité.

Publié le 2 octobre 2009

Directeur Général des Chorégies d’Orange et conseiller artistique de l’Opéra d’Avignon, Raymond Duffaut revendique d’abord la fidélité à l’esprit de l’œuvre.

« Il me semble toujours aléatoire de vouloir réactualiser un livret historiquement daté par son auteur »
 
Comment vous situez-vous dans le débat sur la mise en scène d’opéra opposant défenseurs des versions « classiques » et partisans des réactualisations ?
 
Raymond Duffaut : J’ai le sentiment que le débat sur la mise en scène d’opéra se pose autrement que dans une opposition entre les défenseurs de la lecture traditionnelle d’une œuvre et les partisans de la réactualisation de son livret. D’une manière générale, je ne suis personnellement pas favorable à la relecture d’une œuvre quand elle est en contradiction avec son esprit, tant sur le plan de la musique que sur celui du livret. Il me semble toujours aléatoire de vouloir réactualiser un livret historiquement daté par son auteur : la réactualisation vient alors en contre-sens des problèmes historiques qu’il peut contenir. En revanche, si une œuvre n’est pas historiquement datée dans le contenu de son livret, il est toujours possible qu’on en réactualise la lecture, pour autant que l’on reste fidèle à son esprit.
 
Quelle peut être la définition d’une mise en scène réussie ?
 
R.D. : Si la mise en scène d’un opéra se révèle être en contradiction avec ce qu’a voulu son auteur, on peut évidemment considérer qu’elle n’est pas réussie. Sur un plan plus général, une mise en scène d’opéra peut être considérée comme réussie si les décors, les costumes et les éclairages sont en parfaite osmose avec la vision du metteur en scène, et toujours dans un esprit de fidélité à l’œuvre. On peut dire qu’elle est également réussie si elle s’appuie sur une direction d’acteurs précise comme on peut en trouver au théâtre (ce qui est tout à fait possible avec les chanteurs d’aujourd’hui) et sur une appréhension détaillée des artistes des chœurs et de la figuration, dont la gestion scénique fait partie intégrante de la réussite d’un spectacle. Il faut, pour cela, que le metteur en scène soit un véritable metteur en scène d’opéra, avec une connaissance parfaite de la partition (ce qui, hélas, n’est pas toujours le cas) et de la gestique des masses artistiques.
 
Propos recueillis par A. Pecqueur

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