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Théâtre - Critique

HIP 127 La constellation des cigognes

HIP 127 La constellation des cigognes - Critique sortie Théâtre Albi Scène nationale d’Albi
La soprano Angèle Chemin et les jongleurs de HIP 127. Crédit : Christophe Raynaud de Lage

Scène nationale d'Albi et autres lieux en régions / mes et chorégraphie Jérôme Thomas et Martin Palisse

Publié le 25 octobre 2016 - N° 248

Opéra jonglé pour sept jeunes artistes, HIP 127 La constellation des cigognes de Jérôme Thomas et Martin Palisse est à la fois un objet hybride et une pièce de transmission.

Il y a quelques années encore, la rencontre de sept jongleurs, une chanteuse lyrique et un opéra serait apparue comme une entreprise quasi surréaliste. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Si le mélange de HIP 127 La constellation des cigognes suscite la curiosité, c’est surtout parce qu’il est porté par de jeunes artistes, mis en scène et chorégraphiés par deux jongleurs majeurs de générations différentes : Jérôme Thomas et Martin Palisse, également directeur du Sirque, pôle national des arts du cirque de Nexon (87). Une quinzaine d’années après avoir posé les bases du jonglage cubique, le premier montre donc dans ce nouveau spectacle à quel point sa pratique a nourri les nouvelles générations. Sans cacher les fragilités de cette appropriation. Articulé en quatre tableaux, dont chacun est dédié à un agrès emblématique de l’onirisme volontiers trivial de Jérôme Thomas – la plume, la canne, la balle et le cerceau –, HIP 127 La constellation des cigognes oppose à l’obsession de la performance une forme délicate et tout en humilité.

Un opéra en forme de rêverie

Dans un cercle lumineux au centre d’un plateau nu et obscur, les interprètes apparaissent d’abord par intermittence. Les mains vides, tels des images qui peinent à se stabiliser sur un écran. D’emblée, un non-initié peut saisir la dimension chorégraphique du jonglage cubique. Si tous les interprètes ne parviennent pas encore à jouer avec l’espace aussi bien qu’avec leurs agrès, ils réussissent à trouver un bel équilibre entre technique et poésie. À l’image du titre du spectacle, qui désigne aussi une application corporelle symbolique du jonglage cubique. « Une assise et un port de bras particulier qui caractérise une ligne esthétique à la fois élégante et animale », précise Jérôme Thomas. Lors de la création, la soprano Angèle Chemin était superbement accompagnée par l’orchestre de l’Opéra de Limoges, dirigé par Daniel Kawka. Composée par Roland Auzet, qui a déjà travaillé avec Jérôme Thomas pour Deux hommes qui jonglaient dans leur tête (2008), la partition minimaliste continuera grâce à un enregistrement de rythmer le ballet jonglé. De souligner la féérie du premier tableau à plumes de paon, l’épique du second, l’énergie malicieuse du troisième et le charme tournoyant du dernier. Dans cet opéra d’un genre singulier, chaque agrès suscite un état de rêverie spécifique tout en participant à une songerie globale. Laquelle gagnera à coup sûr en épaisseur au fur et à mesure que les jeunes artistes s’imprégneront de la partie dansée du jonglage cubique.

Anaïs Heluin

A propos de l'événement

HIP 127 La constellation des cigognes
du Mardi 15 novembre 2016 au Mardi 15 novembre 2016
Scène nationale d’Albi
Place de l'Amitié entre les peuples, 81000 Albi

à 20h30. Tel : 05 63 38 55 56. Toutes les dates sur le site de la compagnie Jérôme Thomas : www.jerome-thomas.fr.


Puis en tournée nationale jusqu'au 4 mai 2017.


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