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"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Classique / Opéra - Entretien / Henri Chalet

Henri Chalet aux commandes de la maîtrise de Notre-Dame de Paris et de Musique Sacrée à Notre-Dame

Henri Chalet aux commandes de la maîtrise de Notre-Dame de Paris et de Musique Sacrée à Notre-Dame - Critique sortie Classique / Opéra Paris
© Léonard de Serres

dossier / Orchestres
JEUNES CHEFS / NOTRE-DAME DE PARIS

Publié le 21 septembre 2019 - N° 280

Trop loin de Notre-Dame-de-Paris

Organiste de formation, Henri Chalet est, à 36 ans, le chef principal et directeur musical de la maîtrise de Notre-Dame de Paris, contemporaine de la naissance de la Cathédrale il y a 850 ans. Dans le même temps, par ses responsabilités à la tête de l’association Musique Sacrée à Notre-Dame, il est aussi l’organisateur des concerts ayant lieu dans la cathédrale. Depuis l’incendie du 15 avril dernier, l’exercice de ses projets musicaux a été profondément bouleversé…

Au-delà du choc émotionnel que l’on peut aisément imaginer, quelles sont les conséquences concrètes, pour la Maîtrise et Musique Sacrée à Notre-Dame, de l’incendie du 15 avril dernier ? 

Henri Chalet : Nous avons trois missions essentielles au sein de notre association : la première est d’être une école de chant de haut niveau avec 160 élèves et étudiants de 6 à 30 ans et 35 professeurs. Cet enseignement est maintenu. La deuxième mission est l’animation musicale de plus de 1000 offices par an à Notre-Dame de Paris. Toute la liturgie de la cathédrale chantée par la Maîtrise (les vêpres de semaines, les offices en polyphonie et en chant grégorien) est depuis le 1er septembre transférée à Saint-Germain l’Auxerrois, magnifique église en face du Louvre. La troisième mission est l’organisation d’une saison de concerts qui aura lieu désormais hors les murs.

« Quelque chose a réellement changé dans notre manière de faire de la musique ensemble. »

Etes-vous retourné dans la cathédrale depuis l’incendie ?

Henri Chalet : Je suis retourné une semaine après le drame, le cœur serré, dans « notre seconde maison » dans laquelle nous étions tous les jours. Lorsque j’ai vu la célèbre statue de la Vierge au Pilier intacte, alors que les fleurs à ses pieds étaient écrasées sous les gravats, je me suis très vite dit que la Cathédrale était blessée mais qu’elle allait se relever, parce qu’elle s’est toujours relevée depuis 850 ans. Et la Maîtrise qui a le même âge va l’y aider.

Toute cette émotion change-t-elle la manière dont vous abordez, avec vos chanteurs, les concerts que vous dirigez ?    

Henri Chalet : L’incendie qui a frappé Notre-Dame a profondément modifié nos missions. Nous avons perdu un lieu, un matériel, des salles de répétition et des instruments de musique, perdus ou inaccessibles. Mais nous avons très rapidement chanté de nouveau et cela a fait du bien à tout le monde. Le son du chœur est d’ailleurs extrêmement émouvant à chaque concert que nous avons donné depuis. Quelque chose a réellement changé dans notre manière de faire de la musique ensemble. Aujourd’hui, plus que jamais, la Maîtrise est l’ambassadeur de la Cathédrale pour faire vivre l’extraordinaire patrimoine musical de Notre-Dame, sans cesse enrichi depuis le Moyen Âge.

 

Propos recueillis par Jean Lukas

A propos de l'événement

Henri Chalet aux commandes de la maîtrise de Notre-Dame de Paris et de Musique Sacrée à Notre-Dame


Prochains concerts : mercredi 9 octobre (Requiem de Fauré ; Motets de Mendelssohn) et mardi 5 novembre (œuvres de Bach et Mendelssohn) à 20h30 à l’Eglise Saint-Eustache.


www.musique-sacree-notredamedeparis.fr/saison-2019-2020


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