La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

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Umculowethu, de Dizu Plaatjies

Umculowethu, de Dizu Plaatjies - Critique sortie Jazz / Musiques
crédit photo : Patrick Lee-Torp

Publié le 10 septembre 2009

Ce spectacle du sud-africain Dizu Plaatjies met en son et en abyme une rencontre du troisième type.

« Création tout public de 8 à 108 ans », « Umculowethu » orchestre la rencontre sur scène de trois musiciens, sous le regard artistique de Kên Higelin. Artiste pluridisciplinaire, ce dernier, chargé de la mise en scène et très attaché à la musique, définit ainsi son approche de ce spectacle : « Dans un hall d’aéroport, espace de transit et lieu de passage, un Africain parle avec deux Européens. Ils vont communiquer à travers la musique, dont les notes ont une portée universelle. S’ensuit un échange de sons et d’émotions, quelque chose d’à la fois léger et drôle, qui vise plus à montrer nos similitudes qu’à stigmatiser nos différences. » En clair, il s’agit dans cet espace symbolique aux frontières floues de nourrir un dialogue contemporain et fructueux entre deux cultures, et deux visions du monde : l’Afrique et l’Occident, que trop d’a priori cherchent à opposer.
 
Poétique de la relation
 
D’un côté donc, le Sud-Africain Dizu Plaatjies, ethnomusicologue, chanteur et polyinstrumentiste (marimbas, percussions, flûtes, m’bira) ayant grandi à Langa, quartier noir du Cap, qui après avoir été le fondateur et leader du groupe de marimba Amampondo, dirige désormais le projet Ibuyambo, deux disques sur lesquels il a créé une bande-son originale, nourrie de toute la diversité panafricaine. C’est d’ailleurs dans de mêmes perspectives qu’il compte inscrire « Umculowethu », fécondant son écriture à la lecture des multiples traditions et langages de l’Afrique sub- saharienne. De l’autre, deux jeunes musiciens issus du conservatoire et plus encore de la sphère jazz made in Paris, Armel Dupas aux claviers et Lisa Cat-Berro aux saxophone alto et flûtes, lui donneront la meilleure des répliques, se chargeant d’annoter au gré de leurs improvisations respectives les propositions de Dizu Plaatjies. Au final, nul doute que cette rencontre du troisième type fondée sur une poétique de la relation, pour reprendre les doux mots du visionnaire antillais Edouard Glissant, devrait permettre à tout un chacun de découvrir en l’autre une part, plus ou moins visible (audible ?), de soi-même. Pour un voyage forcément « transitoire » et nécessairement aléatoire au-delà des clichés d’usage.
Jacques Denis


Du 3 au 20 décembre 2009. Et aussi, en avant-première, dans le cadre de l’envol de saison : samedi 26 septembre à 19h.

A propos de l'événement


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