La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -170-ivry

Juliette

Juliette - Critique sortie Jazz / Musiques
Visuel Crédit photo Francis Vernhet

Publié le 10 septembre 2009

L’éternel retour

Familière et fidèle du Théâtre d’Ivry, la chanteuse Juliette revient sur la scène de ses débuts parisiens. Elle y joue en première française son nouveau spectacle en piano solo et se fait maîtresse de cérémonie pour les deux soirées inaugurales en compagnie de nombreux anciens résidents, d’Allain Leprest à « Entre 2 caisses ».

Vous avez un lien particulier avec ce théâtre…
Juliette : Oui, très particulier et fort. C’est vraiment le Théâtre d’Ivry et Leïla Cukierman qui sont au départ de ma carrière parisienne… Ma première création parisienne c’était là ! Avec un accueil sur une longue durée : je crois que j’avais fait trois semaines… Ce spectacle a été enregistré et a constitué la matière de mon véritable premier album : « Que tal ! ». Ce premier projet a été le départ d’une complicité qui ne s’est pas démentie. Quand plus tard, j’ai eu besoin de faire une création plus « lourde » avec davantage de musiciens, naturellement cela s’est fait à Ivry. Ivry était alors l’un des rares si ce n’est le seul théâtre en France – et c’est encore le cas actuellement – à proposer des résidences pour des chanteurs. En tout, j’ai créé trois spectacles ici, dont « Rimes féminines » un peu plus tard. Cela a donc été une histoire suivie et importante, une fidélité existe entre nous. Et quand il s’agit aujourd’hui de créer un nouveau spectacle en piano solo, je viens le faire ici. On continue l’histoire…
 
« La chanson, cela se met en scène, cela se joue, cela s’éclaire… »
 
Ce qui caractérise la programmation du Théâtre d’Ivry, c’est la volonté d’inscrire la chanson dans un cadre de création culturelle exigeante.
 
J. : La chanson, on la considère souvent comme un art assez simpliste qui consiste à se mettre debout devant un micro pour chanter pendant que des types derrière vous accompagnent. La chanson, cela peut être bien d’autres choses ! La chanson se met en scène, se joue, s’éclaire… Et puis il y a aussi à Ivry de la musique vivante qui n’est pas forcément de la « chanson française » au sens strict du mot. Et évidemment, on trouve ici une exigence sur la qualité des artistes, un attachement à une famille de chanson à laquelle j’appartiens depuis longtemps et que je n’ai pas envie de quitter. Moi, j’ai eu un coup de bol à un moment et je suis plus connue que beaucoup de mes camarades de la même famille. Alors si je peux « faire le lien », cela m’intéresse. Pour inciter le public à venir écouter une chanson française de qualité qui existe et se porte bien. Ivry est un endroit où l’on découvre des gens comme ça…
 
 
Quel va être votre rôle dans cette rentrée du Théâtre d’Ivry ?
J. : Je vais faire la création d’un nouveau « piano solo ». La tournée qui va suivre me permettra de retourner dans des lieux plus petits dans lesquels je n’ai plus joué depuis dix ans, à une époque où j’avais sur scène moins de musiciens et de matos. Mais ces concerts en piano solo viendront après avoir ouvert la saison d’Ivry ! Je vais avoir un rôle de chef d’orchestre ou de maîtresse de cérémonie. Nous préparons deux soirées autour des artistes qui ont fait ces fameuses résidences à Ivry depuis 20 ans. Et cela commence à faire beaucoup de monde ! La première soirée sera axée « chanson » : j’ai souhaité que l’on demande à chacun d’interpréter la chanson d’un autre résident, en essayant d’être surprenant dans ses choix !  C’est là que j’ai un rôle de surveillance, pour que ce spectacle en forme de jeu de chaises musicales soit un bon miroir de ce qui s’est fait ici en 20 ans. La soirée du lendemain sera plus mélangée avec des musiciens d’horizons différents, comme Thomas Dalle, Dédé St Prix, Chanson plus bifluorée, Entre deux caisses, etc… On ne sera plus dans le registre de la chanson à textes mais dans celui de la chanson festive. Cela va chanter et « boeufer ». Il y aura beaucoup de musiciens sur scène et tout le monde pourra jouer avec tout le monde. Enfin, le samedi après midi, nous avons imaginé un moment particulier, dans le petit théâtre : une scène ouverte à des artistes « à découvrir » correspondant vraiment à mes choix personnels.
 
Propos recueillis par Jean-Luc Caradec.


20 ans de Résidences (non) surveillées : vendredi 2 octobre à 20h30 et samedi 3 octobre à 15h et 20h30.
Avec Michèle Bernard, Philippe Choquet, Enzo Enzo, Nilda Fernandez, Jacques Haurogné, Nicolas Jules, Eric Lareine, France Léa, Allain Leprest, Néry, Franck Monnet, Sarclo… (le 2), puis Chanson Plus Bifluorée, Thomas Dalle, Entre 2 caisses, Nilda Fernandez, Jaques Haurogné, Khalid K, Xavier Lacouture, Jacques Mahieux, Jean-Louis Mahjun, Marianne Mathéus, André Minvielle, Dédé Saint-Prix, Marc Peronne… (le 3).
Scène ouverte à tout ! Petite salle, samedi 3 octobre à 15h.
Juliette Piano solo II (le retour) : vendredi 9 et samedi 10 octobre à 20 h 30

A propos de l'événement


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