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"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

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Quand la pulsation du territoire rencontre la pulsation de l’individu…

Quand la pulsation du territoire rencontre la pulsation de l’individu… - Critique sortie Théâtre
Crédit Photo : Claire Garate Légende : « Jean Germain, Maire de Tours. »

Publié le 10 septembre 2009

Elu Maire en 1995, Jean Germain a sorti Tours du conservatisme dans lequel son prédécesseur l’avait maintenue durant plus de 35 ans. Cet ancien Président d’université et son Adjointe à la culture, Colette Girard, souhaitent mener une politique culturelle ambitieuse, pragmatique et volontariste.

Quelques mois après l’élection de Jean Germain à la Mairie de Tours, en 1995, Gilles Bouillon – directeur du Centre dramatique régional – a pris rendez-vous avec lui pour solliciter la création d’un nouveau théâtre. « Il a immédiatement été sensible à mon discours et a fait de la construction du Nouvel Olympia l’un des premiers grands projets de son mandat, raconte le metteur en scène. Je dois avouer que j’ai été très agréablement surpris par la qualité de son écoute. Son élection a vraiment tout changé pour les artistes tourangeaux. » En choisissant, dès son arrivée, de s’engager dans un tel investissement consacré à la culture, Jean Germain a envoyé à ses administrés le signe d’une rupture forte et définitive. Une rupture qui, peu après son élection, a également pris le chemin de la musique à travers un soutien massif à l’Opéra et la création d’un orchestre symphonique régional. « Sans vouloir porter de jugement sur mon prédécesseur, c’est toute une époque qui a pris fin en 1995, explique Jean Germain. Depuis quinze ans, Tours est une ville beaucoup plus ouverte à tout ce qui concerne la qualité de la vie, le développement durable, la recherche et, bien sûr, la culture. Car pour moi, la culture est une question essentielle dans la vie de la cité, une question qui n’a pas à être séparée de l’idée de développement ou de progrès. L’art ouvre les esprits, fait prendre conscience de notre appartenance à une citoyenneté universelle. Je parle de l’art libre et singulier, totalement déconnecté d’une quelconque idéologie officielle. Car, je pense que la culture est faite pour briser le politiquement correct, sinon on roule sur des rails, et l’ennui n’est pas loin… »
 
Travailler les liens entre artistes, territoire et habitants
 
Cet art libre et singulier, Jean Germain et Colette Girard souhaitent le soutenir de façon pragmatique et volontaire, en trouvant un équilibre entre formes institutionnelles et formes émergentes, champ patrimonial et création contemporaine. « C’est un équilibre qui se fait de façon naturelle et qui, finalement, correspond bien à la Touraine, constate Colette Girard. Tours est une ville faite de mille choses. Sa densité et sa diversité se retrouvent également dans son paysage culturel. Notre travail en tant qu’élus est de donner du sens à nos actions afin qu’elles s’ancrent véritablement dans la ville. Je crois que la démocratisation de la culture passe par là, par cette correspondance profonde et intime qui peut s’établir entre des artistes, un territoire et les habitants de ce territoire. D’une certaine façon, la culture est l’élément qui peut permettre à la pulsation de la ville de rencontrer la pulsation de l’individu. » Ainsi, Jean Germain et son équipe ont tenté de générer une véritable mise en mouvement de la Ville de Tours. Une mise en mouvement qui s’appuie sur un nouveau plan de mobilité urbaine (l’ouverture d’une ligne de tramway est prévue pour 2013), sur une place importante faite à la transmission des savoirs artistiques, mais aussi sur la construction de nouveaux grands équipements culturels. Parmi eux, la création du Centre d’art contemporain Olivier Debré qui s’installera dans les locaux de l’actuelle Ecole des Beaux-Arts. « L’idée n’est pas de faire un mausolée, mais d’accueillir l’œuvre d’Olivier Debré à Tours, dans un espace partagé avec le Centre de Création Contemporaine », déclare Jean-Luc Dutreix, conseiller municipal missionné par Jean Germain pour coordonner ce projet. Un espace au sein duquel l’œuvre du peintre d’origine tourangelle disparu en 1999 ne sera pas exposée de façon permanente, mais mise en regard avec d’autres œuvres dans un esprit de dialogue et de confrontation artistiques.        
 
Manuel Piolat Soleymat


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