La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -146-Biennale

Mié Coquempot

Mié Coquempot - Critique sortie Classique / Opéra

(crédit photo Agathe Poupeney) : Une pièce de Mié Coquempot, musicale et chorégraphique à la fois.

Publié le 10 mars 2007 - N° 146

Aléa : « Je danse avec, dans et sur le piano. »

Avec Aléa, Mié Coquempot privilégie l’aspect vivant de la relation entre la
danse et la musique, avec trois rencontres inédites sur le plateau avec
l’ensemble 2e2m.

Qu?attendez-vous des relations entre la danse et la musique ?

J’attends des chorégraphes, et donc de moi-même, de renouveler cette
relation, ou du moins de travailler spécifiquement sur le type de relation que
l’on peut établir entre la danse et la musique. Toutes les deux n?inscrivent
rien de concret dans l’espace-temps, elles sont éphémères. Elles ne sont
vivantes que parce qu’elles sont interprétées.

En quoi le premier solo du programme est-il à la fois une ?uvre musicale et
chorégraphique ?

Je danse avec, dans et sur le piano, et mes mouvements déclenchent des
impacts, donc des sons. Ces sons ont été organisés dans la partition musicale de
Ryoji Ikeda. Les partitions musicales et chorégraphiques se rejoignent, il
s’agit d’une vraie fusion. C’est la collaboration la plus étroite que j’ai pu
connaître avec un musicien.

Le deuxième morceau est interprété par une musicienne de l’ensemble 2e2m’

C’est un solo de piano de Laurent Martin qui s’appelle Toute Volée, en
référence à des cloches lancées à toute volée qui se dérèglent en créant de
nouvelles polyrythmies. L’engagement physique du pianiste y est capital. En
choisissant de danser en premier, puis en passant à ce solo de piano, il me
semble que l’on peut changer le regard que le spectateur pose sur le musicien.

Quelles relations avez-vous établies avec l’ensemble 2e2m eux pour votre
dernier quatuor ?

La pièce musicale en elle-même induit un jeu entre le chef et les musiciens,
et j’ai voulu créer pour la danse ce même jeu. Il y a des formes fixes musicales
sans ordre défini et c’est le chef qui en improvise l’ordre. Les musiciens et
les danseurs sont dans la même situation de ne pas savoir ce qui vient après ce
qu’ils sont en train de faire. Chaque représentation est donc différente des
autres. Ce qui ne change pas, c’est l’extrême vivacité et inventivité que l’on
doit produire spontanément. Dans cette partition d’Earle Brown, les musiciens
par exemple n?ont qu’une portée, sans rythme. Ils choisissent la vitesse, le
rythme et comment interpréter. C’est la même chose pour les danseurs : nos
mouvements sont comme des notes ; la rythmique, la vitesse et l’interprétation
sont spontanés.

Entretien réalisé par Nathalie Yokel

Les 7 et 8 mars à 21h, à l’Espace culturel André Malraux, au Kremlin-Bicêtre.

 

A propos de l'événement


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