La Terrasse

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JEAN-CLAUDE BERUTTI

JEAN-CLAUDE BERUTTI - Critique sortie Théâtre
« Notre mission allie la proximité, une forte implication sur le terrain et une dimension européenne. »

Publié le 10 septembre 2007

LE THÉÂTRE AU COEUR
DE LA CITÉ

JEAN-CLAUDE BERUTTI, METTEUR EN SCÈNE, S’EST INSTALLÉ À LA COMÉDIE
DE SAINT-ÉTIENNE EN 2002 AVEC FRANÇOIS RANCILLAC. AU MATIN DE LEUR
TROISIÈME MANDAT, IL REVIENT SUR LEUR PROJET.

Quels sont ces lignes de force de votre projet ?
Jean-Claude Berutti :
Il s’articule autour des trois axes : les créations « maison », destinées à voyager en France et en Europe ; la « comédie des villes » qui repose sur des formes artistiques légères et un travail de proximité avec les quartiers périphériques ; la « comédie des champs » qui rayonne en milieu rural et propose chaque année la création d’un spectacle. La saison est en outre ponctuée par deux temps forts, en hiver et au printemps, avec le festival Backstage, qui présente des formes hybrides, entre théâtre, danse, musique et vidéo.

Quel sens donnez-vous aujourd’hui à votre mission de service public ?
J.-C. B. :
Elle allie la proximité, une forte implication sur le terrain et une dimension européenne, d’autant plus forte que Saint-Étienne concourt pour devenir capitale européenne de la culture en 2013. Nous voulons faire entendre les voix du continent, faire prendre conscience aux spectateurs d’une citoyenneté qui dépasse les frontières hexagonales. D’autre part, notre mission aujourd’hui consiste à faire vivre de grands textes du passé afin d’éveiller la curiosité, tout en enrichissant le répertoire d’oeuvres nouvelles.

Vous insistez également sur l’importance de la permanence artistique.
J.-C. B. :
Je ne peux pas imaginer une maison sans des comédiens qui travaillent, répètent, questionnent le théâtre au quotidien. Cette saison, nous accueillons en résidence huit acteurs, deux jeunes metteurs en scène et un auteur dramatique. Cette

« Notre mission allie la proximité, une forte implication sur le terrain et une dimension européenne. » Jean-Claude Berutti

présence s’avère indispensable non seulement pour la qualité du travail théâtral, mais dans la relation avec les publics, car les artistes accom-pagnent l’action culturelle partout où la Comédie se doit d’aller.

Vous préparez trois créations très différentes. Quel est le geste qui les relie ?
J.-C. B. :
Une passion triangulaire pour les grands textes ! Sur une commande de la Comédie et du Thalia Theater de Hambourg, Anja Hilling a écrit cinq courtes pièces qui dessinent autant de portraits de la jeunesse et qui seront jouées, en français et en
allemand, dans des écoles de nos cités respectives. Avec Confidence africaine, de Roger Martin du Gard, se dévoile ma passion pour la « littérature NRF » des années 30, où frémissent déjà les inquiétudes qui nous préoccupent. Enfin, Baroufe à Chioggia, de Goldoni, dit mon amour pour les grands classiques européens. Je travaillerai avec quatorze amateurs et deux comédiens permanents dans les quartiers puis nous jouerons sur des tréteaux montés dans le centre ville. Une façon de montrer que le théâtre est vivant, au coeur de la cité !

Propos recueillis par Gwénola David


Trois mises en scène de Jean-Claude Berutti. Sens, d’Anja Hilling. Du 8 au 13 octobre 2007. Confidence africaine, de Roger Martin du Gard. Du 4 au 28 mars 2008. Baroufe à Chioggia, de Goldoni. Du 5 au 7 mai 2008.

A propos de l'événement


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