La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -139-Nanterre-Amandiers. Saison 2006-2007 L?empreinte théâtrale des passions

Entretien Philippe Calvario : après le foisonnement, la rigueur

Entretien
Philippe Calvario : après le foisonnement, la rigueur - Critique sortie Théâtre

Publié le 10 juin 2006 - N° 139

Philippe Calvario transporte la fragilité de Jane Birkin au c’ur de la
malédiction des Atrides. Un univers musico-théâtral fondé sur une volonté de
dépouillement et de précision.


Qu?est-ce qui, dans la personnalité de Jane Birkin, vous a incité à lui
proposer le rôle d’Electre ?

Philippe Calvario : Cela faisait plusieurs années que nous souhaitions
travailler ensemble. Lorsque je suis allé la voir chanter sur scène, je me suis
vraiment dit qu’elle possédait une dimension tragique qui n?était pas assez
exploitée au théâtre, ainsi qu’un rapport très intéressant à la fragilité.
Electre est un personnage qui passe son temps à gratter ses plaies, qui est sans
cesse dans l’évocation de sa souffrance. C’est ça, finalement, le thème central
de la pièce.

« J’ai envie de créer une alliance forte entre théâtre et musique. »

C’est la première fois que vous abordez le répertoire grec.

P. C. : Les tragédies antiques me parlent très intimement, beaucoup plus
que les pièces classiques, dont la langue est pour moi comme une barrière. Je
trouve que les auteurs grecs sont, d’une certaine façon, plus libres, plus
contemporains que Racine ou Corneille. Et puis, la forme de rébellion que révèle
Electre me touche. Avec Antigone, il s’agit sans doute de l’un des personnages
les plus tragiques du théâtre.

Autour de quels signes avez-vous élaboré votre mise en scène ?

P. C. : Par rapport à mes autres spectacles, je souhaite me diriger vers
quelque chose de plus épuré, de beaucoup moins baroque. Car, le texte me renvoie
à un univers assez rigoureux, aux antipodes d’une épopée, d’un trajet
foisonnant. Pour le décor, c’est le blanc qui dominera, avec des costumes très
colorés, ce qui permettra à chaque geste d’apparaître dans toute son importance,
toute sa précision. Et puis, trois musiciens seront présents sur scène. J’ai
envie de créer une alliance forte entre théâtre et musique, un peu à la manière
d’un opéra contemporain.

Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat

Electre, de Sophocle ; mise en scène de Philippe Calvario. Du 5 janvier
au 4 février 2007.

A propos de l'événement



Infos pratiques en encadré


Théâtre Nanterre-Amandiers


7, avenue Pablo-Picasso


92022 Nanterre cedex


Réservations au 01 46 14 70 00



www.nanterre-amandiers.com

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