Entretien Roser Montlló Guberna et Brigitte Seth
l’homme et la société. Roser Montlló Guberna [...]
Focus -207-Biennale de danse du Val~de~Marne
Conjuguer ancrage local et développement international
La Briqueterie ouvre ses portes. Comment concevez-vous ce nouvel équipement ?
Daniel Favier : Imaginée par Michel Caserta, fondateur et directeur de la Biennale pendant trente ans, la Briqueterie est un outil formidable de création et de diffusion, permettant de nouer de multiples liens entre artistes, professionnels et publics. L’ancien site industriel, qui fut à la fin du XIXe siècle la plus importante briqueterie d’Ile-de-France, est devenu une fabrique de danse, un lieu très lumineux et aéré avec trois studios de travail et un studio-scène, agrémenté d’un parvis avec gradin et d’un jardin. Des artistes en résidence, des compagnies associées, des accueils d’artistes feront vivre ce lieu. Les processus de repérage ou de création se prolongeront par une diffusion dans les théâtres. Nous allons ouvrir les studios au public le plus large possible avec des “Fenêtres sur création“, et nous impliquons la population à travers diverses initiatives. Nous avons par exemple recueilli des témoignages sur la Briqueterie qui vont nourrir des projets chorégraphiques liés à cette mémoire réactivée.
Quels sont les thèmes traversés par la Biennale 2013 ?
D. F. : Le premier thème “Bestiaire et fantasmagories“ a été inspiré en partie par la commande d’une œuvre à Josef Nadj sur les “Wilder Mann“ photographiés par Charles Fréger, montrant des hommes qui revêtent des costumes de sauvages. L’autre thème, “Gestes et travail“, rend hommage à la Briqueterie à travers notamment la création de Philippe Jamet ou le film de Pascale Houbin.
Comment développez-vous la dimension internationale de la Briqueterie ?
D. F. : Lors de mon arrivée à la Biennale en 2009, j’ai voulu inscrire notre centre de développement chorégraphique dans un réseau artistique européen et définir des modalités d’accord avec divers pays. La Biennale 2013 est l’un des rares dossiers français ayant bénéficié de l’aide de la Commission Européenne, à cause de la qualité de la programmation, et parce que notre nouveau lieu revendique une ambition européenne. La Biennale commence le 21 mars par un Forum européen accueillant artistes, chercheurs et professionnels, intitulé Coopérer pour transformer – Pour une métamorphose entre territoire et monde. Nous accueillons divers artistes européens au cours de la Biennale. Par ailleurs, nous avons mis en place un projet de coopération avec la Belgique et la Pologne pour qu’émerge une création fondée sur la mémoire reliée à trois lieux historiques devenus lieux de danse, Les Brigittines à Bruxelles, le Zamek Center à Poznan et la Briqueterie. Et nous allons élaborer un laboratoire d’expérimentation autour de l’univers du peintre Jérôme Bosch avec dix chorégraphes européens. Ces projets européens très intéressants nous confrontent à d’autres références, d’autres façons d’appréhender l’art.
Propos recueillis par Agnès Santi
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