La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -253-LE QUAI ~ CENTRE DRAMATIQUE NATIONAL ANGERS PAYS DE LA LOIRE

El Baile

El Baile - Critique sortie Théâtre Angers
Crédit : Olivier Marty

Entretien Mathilde Monnier

Publié le 26 mars 2017 - N° 253

S’inspirant du spectacle culte des années 80, Le Bal de Jean-Claude Penchenat, porté au cinéma par Ettore Scola, Mathilde Monnier et l’écrivain Alan Pauls créent El Baile, ancré en Argentine.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de monter ce projet ?

Mathilde Monnier : J’ai fait un premier voyage à Buenos Aires pour savoir si ce projet pouvait susciter du désir, de l’intérêt de ma part. Et puis j’ai rencontré Alan Pauls. Pendant des années j’ai eu son essai sur l’écrivain Jorge-Luis Borgès sur mon bureau. Cela m’a paru alors évident de l’associer à ce projet. Et finalement, je me suis lancée. J’ai auditionné 170 danseurs et j’en ai gardé douze.

Comment transposer ce spectacle culte en Argentine ?

M. M. : L’idée n’est pas de remonter le film ni la pièce, mais de librement s’inspirer de son point de départ : des acteurs qui retracent quarante ans d’Histoire de France, sans aucun texte, en dansant. Là, il n’est pas question de raconter toute l’histoire de l’Argentine. Nous avons choisi de démarrer cette histoire en 1978, soit deux ans après la dictature. J’ai choisi d’engager de jeunes danseurs car cette génération est frappée d’une sorte d’amnésie, et cherche à échapper au poids de l’histoire.

« Je veux dégager une atmosphère, qui se glisse dans les postures, dans les états de corps. »

Mais vous voulez tout de même raconter une certaine histoire de l’Argentine…

M. M. : Mon idée est de faire surgir de grands thèmes significatifs de cette société argentine. Le rapport au pouvoir, à l’autorité, qui structure les institutions et imprime les corps. Une versatilité politique permanente. Et nous évoquons les Femmes de la Place de Mai, les disparitions, les enfants adoptés, des sujets majeurs abordés de manière indirecte. Il n’est pas question d’éclairer la guerre, la dictature, ou la crise économique par la musique ou les costumes. Je veux dégager une atmosphère, qui se glisse dans les postures, dans les états de corps.

Comment la musique intervient-elle dans cette création ?

M. M. : La musique construit la dramaturgie et la chronologie de la pièce. Tous les danseurs sont aussi chanteurs, et les rapports de pouvoir apparaissent dans les chants. Bien sûr, il y aura des tangos, qui représentent l’âme, l’immuabilité, la stabilité de Buenos Aires face aux vicissitudes de l’Histoire. Ces danseurs portent en eux toute sortes de danses populaires, le cuarteto, la chacarera, le malambo, le carnavalito… et aussi la danse contemporaine.

 

Propos recueillis par Agnès Izrine

A propos de l'événement

El Baile
du Mardi 13 juin 2017 au Lundi 26 juin 2017

Cale de la Savatte, 49100 Angers, France

Les 13 et 14 juin à 19h30, le 15 juin à 20h30.


Egalement les 25 et 26 juin au Festival Montpellier-Danse.


 


Le Quai, Centre Dramatique National Angers Pays de la Loire,


Tél. : 02 41 22 20 20.


www.lequai-angers.eu


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