Christian Rizzo crée Une maison avec quatorze danseurs
Christian Rizzo réunit quatorze danseurs et [...]
Focus -277-Chaillot ~ Théâtre national de la Danse / saison 2019~2010
Jeune et talentueuse chorégraphe associée à Chaillot, Jann Gallois crée une nouvelle pièce inspirée du bouddhisme.
« Samsara s’inscrit dans le prolongement de mes précédentes créations. Dans Compact, j’explorais le rapport à l’autre. Comment avance-t-on à deux ? Comment faire pour que la force de l’un n’empiète pas sur l’autre ? Avec Quintette, il était question de cohésion de groupe. Comment parvient-on à trouver une harmonie, si fragile mais si jouissive quand on arrive à la toucher ? Dans la même lignée, je m’intéresse cette fois à l’éveil spirituel. Il est selon moi extrêmement important d’en parler car je trouve que l’on vit une époque de déclin spirituel. C’est ce que j’observe dans le développement des pensées capitalistes, par lesquelles l’ego est nourri à l’extrême. et qui détruisent l’humain et la planète. En m’intéressant à ces questions, seule la philosophie bouddhiste m’a paru être inspirante. C’est une pensée vaste, profonde, lucide, qui peut répondre à nos maux contemporains. Elle m’a touchée et m’a donné envie d’en transmettre une vision à travers le corps.
Eveil spirituel
Ce que dit le bouddhisme est que l’humain est enfermé dans des cycles de vie infinis, appelés samsara, tant que l’éveil spirituel n’est pas déclenché. Cet éveil, que je vois comme la lumière de la conscience, permet d’atteindre le nirvana, la paix éternelle. Son principal obstacle est l’attachement. Cela va de l’attachement à nos biens matériels jusqu’à l’attachement à notre statut social, à notre identité, et finalement à notre propre corps. Le fait que l’on s’agrippe à des choses vouées à disparaître est ce que j’ai eu envie de matérialiser dans Samsara. J’ai tenté de le rendre palpable par une idée très simple qui est de nouer les interprètes entre eux par un système de longues guindes entremêlées, une espèce de toile d’araignée. Les sept danseurs sont connectés par cet objet très imposant, composé de 26 mètres de guindes et pesant plus de 90 kilos. Quelles sont les étapes que traverse ce groupe pour se sortir des mailles du filet ? Quels sont les codes pour dénouer cette emprise de l’attachement ? Qu’est-ce qu’il advient dès que la contrainte n’est plus là ? Est-ce la libération ou d’abord un passage vers le vide qui fait tant peur ? Ce sont toutes ces questions que j’ai envie d’illustrer avec ce projet. »
Propos recueillis par Delphine Baffour
Tél. : 01 53 65 31 00.
Christian Rizzo réunit quatorze danseurs et [...]
Sur scène, dans le grand foyer, au studio, [...]