La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -156-beethoven

David Fray

David Fray - Critique sortie Classique / Opéra
Crédit : Sumiyo Ida

Publié le 10 mars 2008

La vocalité du piano

Il est sans conteste le plus germanique des pianistes français. Agé de 27 ans, David Fray excelle dans Bach, Mozart, Schubert et bien sûr Beethoven, dont il interprète le 2ème Concerto avec l’Orchestre National de France et Kurt Masur.

« Dans le 2ème Concerto,il y a à la fois une perfection classique héritée de Mozart et déjà la personnalité de Beethoven. »
 
Quel est votre lien avec Beethoven ?
 
David Fray : Beethoven est un des compositeurs les plus importants de ma vie. Il a un emploi révolutionnaire du piano. Son écriture n’est pas pianistique, mais va bien au-delà. Ses premières sonates sont écrites comme des quatuors à cordes, et ensuite il développe pour le piano un style symphonique. Ce qui m’impressionne aussi chez lui, c’est qu’il impose une tension au matériau musical. Tout est toujours prêt à imploser.
 
Quels ont été vos maîtres dans Beethoven ?
 
D.F. : Celui qui m’a permis de comprendre Beethoven, c’est Jacques Rouvier, mon professeur au Conservatoire Supérieur de Paris. Il m’a enseigné les bases nécessaires pour construire une interprétation beethovénienne. Je me suis ainsi concentré sur la structure des œuvres, le sens du rythme et la place de l’expression. J’ai ensuite évolué personnellement en m’inspirant notamment des grands interprètes du passé. Je pense à Wilhelm Kempff, mais aussi à Wilhelm Furtwängler et à Yehudi Menuhin.
 
Quelle est votre vision du 2ème Concerto ?
 
D.F. : C’est le concerto le plus apollinien de Beethoven. La partition est tendre et lumineuse. Il y a à la fois une perfection classique héritée de Mozart et déjà la personnalité de Beethoven. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est de mettre en avant la ligne vocale. A la fin du mouvement lent, la disparition progressive du son nécessite une grande maîtrise.
 
Quels sont vos rapports avec Kurt Masur ?
 
D.F. : Avant de jouer ce concerto, j’avais déjà participé au cycle Schumann avec lui. Il possède à la fois le sens de la structure et un esprit malicieux. Pour le 2ème Concerto, que nous avons déjà donné en Allemagne et en Autriche, il m’a ainsi appris que le thème du Finale est une chanson populaire allemande qui parle d’un coucou. C’est un accompagnateur intraitable et vigilant. Il a ce côté minéral indispensable pour interpréter Beethoven.
 
Propos recueillis par A. Pecqueur


Le 30 juin à 20h au Théâtre des Champs-Elysées. Places : 8 à 65 €.

A propos de l'événement


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