La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -252-Biennale de Danse du Val~de~Marne

Danses exposées

Danses exposées - Critique sortie Danse Vitry-sur-Seine La Briqueterie
© Mathieu Genon Légende : Daniel Favier © Mathieu Genon Légende : Elisabetta Bisaro

Entretien Daniel Favier et Elisabetta Bisaro

Une 19e édition déployée sur trois axes, la confrontation avec les œuvres muséales, l’Afrique, la vitalité de la création. Rencontre avec Daniel Favier, directeur, et Elisabetta Bisaro, en charge des projets européens.

Pourquoi avez-vous intitulé cette Biennale « Danses exposées » ?

Daniel Favier : D’abord pour relier divers axes de travail, celui commencé il y a quatre ou cinq ans autour de Jérôme Bosch et celui effectué avec Dancing Museums. Et aussi parce que la danse s’expose de plus en plus dans les musées. L’idée était de prendre toute la programmation comme une sorte de curation à l’échelle d’un territoire, comme un musée à ciel ouvert. Avec des formes inédites, comme Tentatives d’approches d’un point de suspension de Yoann Bourgeois, ou EXPOSURE d’Anne Collod, qui explore tout ce qui touche à l’énergie dans la plus grande chaufferie d’Île-de-France à Fontenay-sous-Bois. Nous voulions aussi relier des œuvres de grands maîtres comme Jérôme Bosch, Gustav Klimt, ou Egon Schiele avec des pièces d’aujourd’hui, comme Le Jardin des délices de Marie Chouinard qui ouvre la Biennale, ou Stil de Christian Ubl, nouvel artiste associé. Et nous avons également travaillé sur le patrimoine, l’archive vivante, comme Boris Charmatz et le Musée de la danse avec ses 20 danseurs pour le XXe siècle au MAC/VAL. Ce titre de Danses exposées permet de nombreuses ramifications.

« La programmation comme une sorte de curation à l’échelle d’un territoire. » Daniel Favier

« Faire travailler les gens à la construction utopique de la Cité éphémère de la danse. » Elisabetta Bisaro

Elisabetta Bisaro : Dancing Museums ouvre la deuxième partie de la Biennale. C’est un projet européen mené par La Briqueterie en association avec quatre centres dédiés à la danse, huit musées de renommée internationale et cinq chorégraphes, dont Tatiana Julien pour la France. Nous ne voulions pas créer de spectacle mais faire travailler les gens à la construction utopique de la Cité éphémère de la danse. Le public pourra assister à des moments de réflexion, des répétitions, des échauffements, ou même des massages. Ensuite nous organisons des propositions de visites guidées ou chorégraphiées dans les espaces. Deux vidéastes vont travailler sur la partie virtuelle, les réseaux sociaux. Ce projet sera clôturé par un colloque international au Louvre.

Vous présentez aussi un temps fort autour de l’Afrique et de la Triennale de Ouagadougou…

D. F. : Seydou Boro est artiste en résidence longue chez nous. Artiste complet, danseur et chorégraphe tout autant que musicien et réalisateur, il a aussi développé avec Salia Sanou La Termitière, Centre de Développement Chorégraphique à Ouagadougou, qui a accueilli la Triennale Danse l’Afrique Danse en 2016. Outre Le Cri de la chair de Seydou Boro, nous présentons des œuvres phares qui ont jalonné la création africaine signées Salia Sanou et Seydou Boro, Kettly Noël ou Vincent Mantsoe, ainsi que deux pièces choisies par Salia et Seydou lors de cette Triennale. Complètent cette programmation africaine, We almost forgot de Qudus Onikeku, KAWRAL, la création de Salia Sanou avec le jazzman Laurent Blondiau, et un colloque dansé à Morsang-sur-Orge.

Il y a beaucoup de parcours possibles dans cette Biennale. Est-ce un choix de votre part ?

D. F. : Nous avons volontairement proposé plusieurs pièces d’un même artiste. C’est le cas de Marie Chouinard, de Maud Le Pladec, de Radhouane El Meddeb, de Mossoux-Bonté. Et nous avons mis l’accent sur de nombreuses créations, comme celle des frères Ben Aïm ou celle de Catherine Berbessou. Il y a en effet beaucoup de fils à tirer qui témoignent de la vitalité de la danse.

 

Propos recueillis par Agnès Izrine

A propos de l'événement

19e Biennale de danse du Val-de-Marne
du Mercredi 1 mars 2017 au Samedi 1 avril 2017
La Briqueterie
17 Rue Robert Degert, 94400 Vitry-sur-Seine, France

Tél. 01 46 86 70 70.


www.alabriqueterie.com


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