La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -231-FESTIVAL DE SAINT~DENIS 2015

Brahms, chant de consolation

Brahms, chant de consolation - Critique sortie Classique / Opéra saint denis
Légende : Daniele Gatti © Festival de Saint-Denis

GROS PLAN / REQUIEM BRAHMS / BASILIQUE

Publié le 25 mars 2015 - N° 231

Daniele Gatti referme cette édition 2015 du Festival de Saint-Denis avec Un requiem allemand, œuvre sacrée à nulle autre pareille, tout à la fois intime et grandiose.

Si, au fil des siècles, les compositeurs ont souvent pris des libertés vis-à-vis du texte de la messe des morts, peu sont allés aussi loin que Brahms, qui donne le titre de requiem à une œuvre qui ne suit en rien la liturgie. Un requiem allemand n’est pas une messe, plutôt une sorte de cantate funèbre, dont on pourrait trouver un lointain modèle dans les Musikalische Exequien d’Heinrich Schütz. L’œuvre s’appuie non pas sur le texte latin du rite romain – pas de Kyrie ou de Dies Irae ici – mais sur une traduction allemande de pages tirées des Écritures, les textes tirés de l’Ancien Testament (essentiellement les Psaumes) venant en commentaire des évangiles et épîtres (Nouveau Testament). Il s’agit beaucoup moins d’une prière pour les morts que d’un chant de consolation à l’adresse des vivants. L’œuvre, en sept mouvements pour une durée totale de près d’une heure et quart, s’organise de façon cyclique et trace peu à peu un chemin d’espoir. Ainsi, le premier mouvement, magnifique déploration sortie du néant, s’ouvre-t-il sur une contemplation de la douleur (« Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés »), commentée par le Psaume 125 (« Ceux qui sèment dans les larmes récolteront avec allégresse »). L’œuvre s’achève avec une citation par le chœur de l’Apocalypse de Jean : « Heureux les morts, qui meurent désormais dans le Seigneur ». Pour souligner ce parcours de consolation, Brahms reprend dans le finale la même musique apaisée qui concluait le premier mouvement.

Brahms regarde vers Bach

Brahms, déjà auteur en 1858 d’un Chant de funérailles (Begräbnisgesang), livrait avec Un requiem allemand sa première œuvre de grande envergure, tant pour le chœur que pour l’orchestre. L’orchestration autant que la forme sont extrêmement inventives : le climat de désolation du premier mouvement naît de l’absence de violons. Par le recours fréquent à la fugue, Brahms regarde clairement vers Bach, tout en utilisant les forces propres à l’oratorio romantique. Daniele Gatti apprécie particulièrement ces œuvres pleines de souffle et de variations – il dirigeait l’an dernier ici même l’oratorio Elias de Mendelssohn, qui n’est pas sans parenté avec l’œuvre de Brahms. Aux côtés de l’ Orchestre national de France et du Chœur de Radio France, il invite le baryton Peter Mattei et la soprano Christine Schäfer, qui incarnent respectivement dans Un requiem allemand la douleur humaine et l’espérance divine.

 

J.-G. Lebrun

A propos de l'événement

Brahms, chant de consolation
du Jeudi 2 juillet 2015 au Jeudi 2 juillet 2015

Basilique Cathédrale de Saint-Denis, 93200 Saint-Denis, France

à 20h30.



Festival de Saint-Denis, rue de la Légion d’Honneur, 93200 Saint-Denis. Du 4 juin au 2 juillet 2015. Tél : 01 48 13 06 07.



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