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"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -261-VIADANSE, Centre chorégraphique national de Bourgogne Franche~Comté à Belfort

Belfort, carrefour de la danse

Belfort, carrefour de la danse - Critique sortie Danse  VIADANSE - Centre chorégraphique national de Bourgogne Franche-Comté à Belfort
© D. R.

Entretien Héla Fattoumi et Eric Lamoureux

Publié le 21 décembre 2017 - N° 261

Directeurs du Centre chorégraphique depuis 2015, Héla Fattoumi et Eric Lamoureux concrétisent leurs visées en créant avec une exigence généreuse pour tous les publics.

Pourquoi avoir nommé votre CCN VIADANSE ?   

Eric Lamoureux : Le Territoire de Belfort se confond avec la Trouée de Belfort, voie de passage naturelle au cœur de l’Europe. Notre projet VIADANSE s’inscrit dans cette idée de passage, de relais, de relation et de rencontre. Nous avons voulu tisser des liens et ancrer la danse au sein d’un vaste territoire, d’autant plus que nous savions que la fusion des Régions allait se concrétiser. En arrivant dans ce lieu en 2015, nous avons dessiné des cercles concentriques à une demi-heure, une heure, deux heures de route. Outre qu’il y a un autre CCN, le Ballet du Rhin à Mulhouse, il existe aussi de nombreuses Scènes nationales alentours : Le Granit à Belfort, MA à Montbéliard, Les 2 Scènes à Besançon, ainsi que l’Espace des Arts à Chalon-sur-Saône et un CDCN à Dijon. Nous sommes aussi très proches du Jura Suisse avec qui nous créons des connections.

Héla Fattoumi : La ville même de Belfort, qui compte environ 50000 habitants, bénéficie d’une offre culturelle très importante qui participe à son rayonnement et à son dynamisme. Il y a plusieurs scènes et plusieurs festivals dont Les Eurockéennes, un festival de musique universitaire, un festival de cinéma Art et Essai, le festival FRIMATS, proposé par le Granit, scène nationale de Belfort, et VIADANSE. Nous avons inscrit diverses visées dans notre projet et mis en œuvre des moyens pour les atteindre.

« Notre projet VIADANSE s’inscrit dans cette idée de passage, de relais, de relation et de rencontre. » Eric Lamoureux

« Œuvrer à plusieurs permet de créer de meilleures conditions de création et de diffusion. » Héla Fattoumi

Quelles sont ces visées ?

H. F. : En premier lieu, le VIARÉZO. Nous avons proposé aux structures d’accompagner des artistes qui nous intéressaient, mais aussi d’accueillir chez nous des artistes qu’ils coproduisaient. C’est le cas de Dominique Brun, de Salia Sanou avec la Filature de Mulhouse, de Tatiana Julien produite par Chalon, d’Amala Dianor à Pôle Sud à Strasbourg et de beaucoup d’autres, sans oublier Nathalie Pernette et Caroline Grosjean déjà inscrites fortement sur le territoire. Bien sûr, nous avons aussi nos artistes associés qui sont Aïcha M’Barek et Hafiz Dhaou. A une époque où les capacités de coproduction sont plutôt dérisoires, œuvrer à plusieurs permet de créer de meilleures conditions de création et de diffusion.

E. L. : D’où OPENVIA : nous présentons gratuitement au public les pièces en phase de finalisation dans les studios du CCN.

Quelle est votre implication en direction des publics ?

E.L. : Au-delà des résidences et des artistes associés, une de nos visées s’appelle « Les Chemins vers la danse ». Il s’agit d’offrir l’opportunité à un individu de rencontrer l’art dans son chemin de vie. C’est un droit qui manque cruellement d’équité. Sur cette saison, nous nous sommes énormément servis de notre nouvelle création Oscyl, qui se révèle être un médiateur d’exception, et s’est invitée au marché, sur la Place d’Armes, sur les pattes du Lion, à la bibliothèque, dans les EHPAD…

H. F. : Nous sommes allés à la rencontre des gens pour que s’incarne le vivre ensemble. Et cette démarche ne pouvait se faire qu’à travers la création. Nous avons également mis en place deux projets de création avec les amateurs. Ils ont participé avec les danseurs à certaines étapes du processus de création. Depuis, ils viennent avec un autre regard, une autre facilité de perception des œuvres quand ils les découvrent au plateau.

E. L. : Le TCD soit “Territoire(s) commun(s) dansé(s)“ fait partie de ces Chemins. C’est un projet pilote qui consiste à réunir les conditions pour que la danse puisse aller vers des gens qui seraient atteints par « le complexe du seuil ». Il s’agit d’instaurer des moments de convivialité permettant un dialogue. C’est une action en direction des écoliers, ainsi que des lycéens en Option Danse de Montbéliard, qui associe le dispositif Cultures Collèges, le département, le PREAC Franche Comté et la Fraternelle de Saint-Claude.

Quel bilan tirez-vous de toutes ces actions, après plus de deux ans d’implantation à Belfort ?

E. L. : Nous allons passer de la tutelle de la Ville à celle de l’agglomération du Grand Belfort. Le maire nous a affirmé que nous allions bénéficier de moyens supplémentaires, la Région va augmenter notre subvention qui était restée stable depuis dix ans, ce qui va nous permettre de retrouver une marge artistique pour nos créations, ce qui était loin d’être le cas quand nous sommes arrivés. Nous sommes assez fiers du travail accompli.

 

Propos recueillis par Agnès Izrine

A propos de l'événement

Belfort, carrefour de la danse
VIADANSE - Centre chorégraphique national de Bourgogne Franche-Comté à Belfort
3 Avenue de l'Espérance, 90000 Belfort, France

Tél : O3 84 58 44 88.


www.viadanse.com


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