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Avignon - Gros Plan

Femme noire

Femme noire - Critique sortie Avignon / 2017 Avignon COUR D'HONNEUR DU PALAIS DES PAPES
La chanteuse Angélique Kidjo.

COUR D’HONNEUR / THEATRE, MUSIQUE

Publié le 25 juin 2017 - N° 256

La chanteuse béninoise Angélique Kidjo conçoit pour la Cour d’honneur un hommage à la femme africaine, avec la complicité du comédien ivoirien Isaach de Bankolé et de nombreux invités dont le saxophoniste Manu Dibango. Le point d’orgue africain de l’édition 2017 du Festival d’Avignon.

Femme nue, femme noire / Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Eternel / Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie : par sa simplicité, le titre de ce spectacle ne laisse pas immédiatement supposer qu’il est emprunté à un texte du grand poète Léopold Sédar Senghor (1906-2001), écrit au lendemain de la guerre. Femme Noire est une illustration magnifique du concept de négritude construit avec Aimé Césaire.  « La Négritude est la simple reconnaissance du fait d’être Noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture » écrit le poète, qui fut aussi, faut-il le rappeler, Président de la République de Côte d’Ivoire de 1960 à 1980. Mais c’est un autre texte de Senghor, extrait de son dernier grand recueil, Élégies majeures, publié en 1976, qui forme l’arche sous laquelle s’éveillera ce spectacle qui devrait tenir à la fois du théâtre, du concert et de la veillée.

Élégie pour la reine de Saba

« En découvrant Élégie pour la reine de Saba, je n’ai pas pu résister à la beauté d’une langue française si belle et à sa profondeur fascinante. Pour moi, il fallait que cet hommage à la beauté de la femme noire soit dit par un homme et que la femme lui réponde en chantant. Quand Senghor évoque la femme, il fait appel à tous les sens – le regard, le toucher, l’odorat, le goût, l’ouïe. On voit le décor dans son écriture et c’est passionnant de le faire vivre ! Nous faisons dialoguer le poème, les chansons, les instruments. Le texte appelle un chant à la manière d’une toile que l’on tisse. Le spectacle raconte l’histoire de la beauté de l’Afrique » explique la diva Angélique Kidjo, immense voix de la scène musicale actuelle (son récent album Sings, avec orchestre symphonique, vient de recevoir le Grammy Award de Meilleur Album de World Music en 2016), célébrée autant en Afrique, qu’en Europe et aux Etats-Unis où elle vit, à New York, depuis 1998. « Senghor dit qu’il veut la femme debout. Et que sans femme forte, il n’y a pas d’homme fort. Élégie pour la reine de Saba, c’est le texte d’un homme qui n’exerce pas de domination sur la femme. Senghor est en demande de la femme, fier d’être le partenaire de cette femme » insiste la chanteuse qui a d’emblée voulu incarner ce spectacle en dialogue avec Isaach de Bankolé, lui aussi américain d’adoption. « Senghor célèbre la femme africaine et la terre africaine, qui sont pour lui similaires. Il caractérise la femme en tant que terre. Senghor n’est pas seulement un auteur majeur parce qu’il écrit un hommage à la femme africaine, mais parce qu’il fait de cette célébration un pas important sur la route pour libérer l’homme africain de tout complexe d’infériorité et de toute forme de colonialisme » ajoute le comédien dont ce spectacle marquera le grand retour en France. Avec aussi le guitariste Dominic James et le jeune rappeur MHD. Mise en espace : Frédéric Maragnani.

 

Jean-Luc Caradec

A propos de l'événement

Femme noire
du Mardi 25 juillet 2017 au Mercredi 26 juillet 2017
COUR D'HONNEUR DU PALAIS DES PAPES
Place du Palais, 84000 Avignon, France

à 22h. Tél. : 04 90 14 14 14.


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