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La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Danse - Agenda

Escales en Val d’Oise

<p>Escales en Val d’Oise</p> - Critique sortie Danse
Légende photo : Le chœur des femmes bambaras dans Médée.

Publié le 10 mars 2007 - N° 146

Le réseau danse initié par l’ADIAM 95 a pris à bras le corps la question de
la diffusion de la danse au sein de ce vaste département en concoctant une
programmation d’excellence : une grande ?uvre de répertoire ouvre cette
édition : Waterproof de Daniel Larrieu, relayée par d’ambitieux projets
bien assis dans le paysage chorégraphique d’aujourd’hui. Avec neuf compagnies
invitées, le public ne pourra pas se tromper, et avec les trente-sept
représentations prévues, il n?aura que l’embarras du choix.

La venue de l’?uvre magistrale des années quatre-vingts Waterproof est
l’événement central de cette septième édition du temps fort Escales. Elle
correspond avant tout au désir de développer la culture chorégraphique en
mettant en avant une pièce marquante de l’histoire de la danse. Si Waterproof
a fait en son temps figure d’Ovni, c’est parce qu’elle délocalisait la danse
hors des plateaux (ce qui se faisait déjà dans les parcs, jardins, ou dans les
rues), mais aussi parce qu’elle proposait une vision du corps tout à fait
troublante. C’est donc dans une piscine que le chorégraphe Daniel Larrieu a fait
naître son projet, remettant totalement en cause pour les interprètes leur
rapport à la gravité et leur façon d’envisager le mouvement. La pièce n?a pas
survécu aux contingences du temps, mais la mémoire collective l’a toujours
gardée bien au chaud. C’était donc un challenge de remonter le spectacle, sans
véritables traces, en rappelant les danseurs de l’époque (vingt ans après !) et
en mobilisant les possibles lieux d’accueil. Waterproof a émergé pour la
deuxième fois l’été dernier et connaît actuellement une renaissance bien
méritée, qui correspond également à un virage dans le parcours du chorégraphe.
C’est également avec un ?il tourné vers le passé que Julia Cima a conçu
Visitations
, pièce hommage à des chorégraphes du passé qu’elle interprète en
solo? à sa façon. Loin d’être une recherche historique ou anthropologique, la
pièce montre comment une danseuse d’aujourd’hui peur se glisser dans la peau de
Valeska Gert ou d’Isadora Duncan, ou enfiler les habits d’interprètes de
Cunningham ou Bagouet.

De la danse de haute volée

A l’inverse, dans une énergie explosive et entêtante, Alban Richard a lancé
les interprètes de Disperse dans une course folle et éperdue. Avec un
vocabulaire chorégraphique simplifié à l’extrême, basé sur la marche et sur le
croisement des corps dans l’espace, le chorégraphe réussit à capter le regard du
spectateur de bout en bout, faisant des danseurs des électrons libres à attraper
en plein vol. Au contraire de son titre, la pièce rassemble les énergies du
public et de la scène tant la précision de l’écriture fascine et captive. Une
pièce de haute volée. Un autre grand moment de danse nous est réservé avec
Tourlourou
de Carlotta Sagna, qui met en scène une ballerine d’un genre tout
à fait particulier. Au c’ur d’une cible, dans un espace de danse très réduit, la
kamikaze sur pointe joue sa vie dans un texte qui évoque le combat d’un soldat
comme celui d’une danseuse. En passe de mourir, elle joue à sa façon le destin
de toute ballerine trop livrée à sa propre danse. Autre danseuse d’exception
dans ce festival : Johanne Saunier, qui excelle dans l’art de construire et
déconstruire un spectacle.

Nathalie Yokel

Waterproof de Daniel Larrieu du 24 mars au 2 avril à la Piscine de
Bezons, Disperse d’Alban Richard le 13 mars au Théâtre Paul Eluard de
Bezons et le 5 avril au Centre des Arts d’Enghien, Je cacherai mes peurs sous
le tapis
de Cyril Viallon, du 22 au 26 mars à l’Espace Germinal de Fosses,
et du 28 au 31 mars à l’Apostrophe Théâtre des Arts de Cergy-Pontoise, Le
Junior Ballet
du Conservatoire de Paris le 17 mars à l’Espace Lino Ventura
de Garges-lès-Gonesse, le 30 mars au Centre culturel de Taverny, le 3 avril au
Théâtre Roger Barat d’Herblay, le 5 avril à la salle des fêtes de Beauchamp,
Visitations
de Julia Cima et Tourlourou de Carlotta Sagna le 17 mars
à l’Espace Saint Exupéry de Franconville, le 24 mars à l’auditorium de Coulanges
à Gonesse, le 31 mars à la Maison des Loisirs et des Arts de Sannois (uniquement
Visitations), Soit le puit était profond’ de Christian Rizzo le 3 avril à
l’Apostrophe, Théâtre des Louvrais, La Nuit juste avant les forêts de
Farid’O, le 23 mars au Théâtre Paul Eluard de Bezons, le 30 à l’auditorium de
Coulanges à Gonesse, le 1er avril à l’Espace culturel de Marly-la-Ville,
Erase-e(x)
par Johanne Saunier le 16 mars à l’Espace Germinal de Fosses, le
3 avril au Théâtre Paul Eluard de Bezons, le 5 avril à l’Apostrophe, Théâtre des
Arts de Cergy-Pontoise. Renseignements : 01 34 25 30 67.

A propos de l'événement



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