La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Critique

El Viento en un violín

El Viento en un violín - Critique sortie Théâtre
Crédit photo : Guy Labadens Légende : « El Viento en un violín, de la compagnie argentine Timbre 4. »

Publié le 10 décembre 2011 - N° 193

Ecrit et mis en scène par l’Argentin Claudio Tolcachir, El Viento en un violín retrouve les couleurs qui ont fait le succès du Cas de la famille Coleman*. Acuité de destinées quotidiennes, drôlerie décalée, tendresse, pointes de noirceur… Un éclat d’humanité plein de charme et de profondeur.

Il s’agit de l’une des valeurs montantes de la scène argentine. Fondateur et directeur de la compagnie Timbre 4, auteur, acteur, metteur en scène, pédagogue, Claudio Tolcachir donne naissance à un théâtre du quotidien qui porte un regard en clair-obscur sur la société argentine. A l’envisager trop rapidement, on pourrait croire cet univers artistique beaucoup moins profond qu’il ne l’est en réalité. Car les spectacles de Claudio Tolcachir – même s’ils dessinent des lignes de fuite multiples et diverses, même s’ils composent un enchevêtrement de sentiments et de perspectives – laissent avant tout apparaître les contours de comédies sociales habilement décalées. Pourtant, derrière le rire et l’absurde, ils engendrent l’inquiétude, le trouble, la noirceur, l’émotion. Comme Le Cas de la famille Coleman ou Tercer Cuerpo (les deux premières créations de Timbre 4), El Viento en un violín parle de la famille, de la difficulté d’être heureux, du fractionnement social, des ombres de la condition humaine…
 
Les voies incertaines du bonheur
 
Cela, à travers une forme de politesse du désespoir qui amène Claudio Tolcachir à peindre un tableau de notre monde avec beaucoup de pudeur et de délicatesse. En effet, pas question pour lui de déclamations lyriques ou de scènes explicatives. L’histoire d’El Viento en un violín se déploie peu à peu, par petites touches humoristiques, ou coups d’éclat loufoques. Une histoire d’amour, entre deux jeunes femmes d’origines populaires qui décident de forcer un fils de bonne famille (en pleine crise existentielle) à leur faire un enfant. Dans cette comédie noire sur laquelle plane l’ombre de la maladie et de la mélancolie, on retrouve les comédiens qui faisaient mouche, la saison dernière, dans Le Cas de la famille Coleman. Au sein d’un espace scénique segmenté en différentes zones de jeu (un salon, un bureau, une chambre…), ils donnent corps à de belles évidences humaines. A la recherche des voies – incertaines – qui mènent au bonheur.
 
Manuel Piolat Soleymat


* La Terrassen° 182, novembre 2010
 
El Viento en un violín (spectacle en argentin, surtitré en français), texte et mise en scène de Claudio Tolcachir. Le 13 décembre 2011, à 20h30. La Scène Watteau, place du Théâtre, 94736 Nogent-sur-Marne. Tél : 01 48 72 94 94 et sur www.scenewatteau.fr. Durée de la représentation : 1h40. Spectacle vu lors du festival Les Translatines, à Bayonne, en octobre 2011.
                  

Egalement le 15 décembre 2011 au Théâtre Romain-Rolland de Villejuif, les 3 et 4 février 2012 au CDN de Sartrouville et des Yvelines, le 7 février à l’Espace des arts à Chalon-sur-Saône, le 10 février au CNCDC de Châteauvallon, le 14 février au Théâtre d’Arles, les 20 et 21 février à la Scène nationale de Poitiers, les 2 ou 3 mars à la Scène nationale de Saint- Nazaire, du 5 au 7 mars au Grand T à Nantes.

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