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C’est la fin, la fin d’une histoire commune, la fin d’un couple. Prodigieux interprètes, Stanislas Nordey et Audrey Bonnet incarnent la déflagration bouleversante imaginée pour eux par Pascal Rambert. Une pièce multi-primée, saluée par la critique et le public, programmée au Théâtre de l’Atelier aux côtés de Sœurs (Marina & Audrey).
« Clôture de l’amour est un texte né à partir des corps de Stanislas Nordey et Audrey Bonnet, à partir de leurs voix, un texte inspiré par ces deux comédiens, issu d’un processus de création spécifique. » confia Pascal Rambert dans nos colonnes (La Terrasse, n°204). Créée en 2011, la pièce reçut de multiples récompenses : Prix du théâtre public au Palmarès du Théâtre 2013, Prix de la Meilleure création d’une pièce en langue française par le Syndicat de la Critique 2012, Grand Prix de littérature dramatique du Centre national du Théâtre en 2012… Audrey Bonnet et Stanislas Nordey, qui l’ont portée aux quatre coins du monde, la jouent à nouveau cette saison au Théâtre de l’Atelier. On partage totalement l’engouement qu’a suscité cette implacable clôture de l’amour, tant la pièce non seulement touche des enjeux humains universels, mais aussi fait du langage comme de l’art de l’acteur un moyen d’expression qui va au bout de ses possibilités, qui se fait incarnation tranchante, qui solde les comptes et libère un jusqu’au-boutisme, une radicalité et une violence inouïs. Une violence au présent et une violence qui abîme le passé.
Incarnation tranchante
L’auteur et metteur en scène installe les deux comédiens face à face, dans une salle vide qui laisse place aux coups portés par les mots, à un affrontement absolu où l’engagement physique et émotionnel des acteurs est tel qu’il nous sidère. Au fil de cette confrontation qui extériorise le plus enfoui, qui métamorphose l’amour ancien en rage ultime, Stanislas Nordey et Audrey Bonnet sont éblouissants. Ils sont entièrement et radicalement Stan et Audrey, sans aucune échappatoire, dans une intensité maximale qui, comme souvent dans le théâtre de Pascal Rambert, laisse l’apparence du réel prendre possession du plateau. Elle, Audrey, est exceptionnelle. Les mots s’échappent et fusent avec une puissance rare sur un plateau de théâtre, dans un rythme et une sincérité d’une immense exigence : l’un parle et l’autre encaisse, Stan d’abord, puis Audrey. Alternativement dans la parole et le silence, l’attaque et l’écoute. Les corps blessés, tendus, accusent le choc, emportés par le séisme que leur séparation déclenche. La rupture révèle les blessures, les colères, le rejet, la défaite et, quelque part, pour elle, ce qu’on garde… La tragédie est actée, définitive. Paroxystiques, les deux monologues sont lancés comme des bombes à fragmentation, lorsque toute une vie s’achève et abandonne les souvenirs derrière soi. « Comme nous aurions pu être heureux… »
Agnès Santi
les samedis et dimanches à 18h. Tél. : 01 46 06 49 24. Durée : 2h.
. Texte publié aux Éditions Les Solitaires Intempestifs.
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