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Classique / Opéra - Gros Plan

Blandine Staskiewicz : voix légère et mental d’acier

Blandine Staskiewicz : voix légère et mental d’acier - Critique sortie Classique / Opéra
Blandine Staskiewicz © Studio Backstage Paris

GENERATION SPEDIDAM

Publié le 21 octobre 2017 - N° 259

Après un premier prix au Conservatoire national  supérieur de musique de Paris en 2003, la mezzo colorature passée par Le Jardin des voix de William Christie  brille dans l’opéra baroque et les rôles mozartiens.

Très jeune, Blandine Staskiewicz découvre qu’elle a une voix. Il faut dire que ses parents sont tous deux chanteurs lyriques. A neuf ans, elle chante dans le chœur des enfants de Carmen à l’Opéra de Rouen où elle fait montre d’une certaine aisance sur scène. Adolescente, elle prend quelques cours avec son père pourtant réticent, car il sait combien ce milieu cruel nécessite d’avoir un mental d’acier. Qu’importe ! Passionnée, elle débute le piano et surtout le chant au Conservatoire de Région de Rennes. Son premier prix en poche, elle intègre le CNSM de Paris dans la classe de Peggy Bouveret qui l’aide à installer sa technique, assouplir sa voix et lui trouver de la rondeur. L’année de son prix, elle passe de soprano à mezzo. Une révélation : adieu la fatigue vocale liée à une tessiture trop haute ! « Tout s’est ouvert ! J’ai vraiment trouvé ma voix à 25 ans. » Du temps perdu ? « Non. C’est arrivé au bon moment : j’avais plus de maturité dans ma voix et j’ai gardé de ces années de soprano une virtuosité dans les vocalises, une fraîcheur et une clarté. » Le propre des mezzo légers comme Anne-Sofie von Otter, un de ses modèles.

Des rôles de travestis aux vrais rôles de femmes

Elle se sent très à l’aise dans le répertoire baroque où son agilité et son timbre font merveille. Nul étonnement si elle fait partie du Jardin des voix de William Christie en 2002, tout en commençant à interpréter les rôles de travestis comme Chérubin et Siébel… Sa première expérience marquante : le rôle-titre d’Athalia à l’Académie d’Ambronay en 2002/2003 où elle se découvre des affinités particulières avec Haendel. Aujourd’hui, sa voix s’étant étoffée dans le grave et l’aigu, on lui propose « de vrais rôles de femmes, plus tragiques, plus sérieux, plus profonds ». A terme, elle se verrait bien chanter Carmen ou même La Belle Hélène. Avis aux programmateurs !

 

Isabelle Stibbe

A propos de l'événement

Blandine Staskiewicz : voix légère et mental d’acier


Sortie au printemps 2018 d'un CD d'airs sacrés italiens inédits chez Aparté avec Thibault Noally et son ensemble Les Accents.


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