La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Critique

Bérénice

<p>Bérénice</p> - Critique sortie Théâtre
légende : Nathalie Soles : un timbre à la Diana Krall et un personnage souriant.

Publié le 10 mars 2007 - N° 146

Catherine Boskowitz joue de l’austérité et du dépouillement pour mieux faire
surgir le bouillonnement tragique des passions contrariées. Un beau moment
d’équilibre et de force.

Malgré lui, malgré elle. Même s’ils s’aiment, ils ne le peuvent, et même
s’ils ne peuvent se quitter, ils le doivent? La reine de Palestine est aimée par
l’empereur de Rome mais Rome ne veut pas se vautrer dans une couche africaine.
Le roi de Comagène aime Bérénice mais l’amante de Titus n?aime pas Antiochus’
Ces trois damnés que leurs c’urs lient et que leurs raisons séparent rentreront
dans le rang de leur gloire, acceptant le sacrifice de leurs attachements à
l’absurdité de la loi commune.

Une mise en scène où la mesure et la tenue exaltent leur envers

Installant au sol le ciel des amants, Catherine Boskowitz suggère ainsi
habilement que Rome marche sur la tête à vouloir ignorer les arrêts et les
emballements du c’ur. Les angelots béats en frise sur le disque céruléen
qu’arpentent les protagonistes comme un ring, demeurent impitoyables aux soupirs
amoureux. Nanténé Traoré campe avec une belle subtilité chromatique une Bérénice
à la fois défaite et fière, durcie par l’adversité d’un pouvoir que son esprit
accepte quand son corps paraît en refuser le joug. Marcel Mankita lui fait face
dans la peau d’un Titus à la fois plus sensuel et plus fragile, aux côtés de
Philippe Château, en Antiochus corseté, pantin du Sénat comme les deux autres et
de surcroît automate guidé par leurs désirs contradictoires. Respectant
élégamment la langue racinienne qu’ils animent avec une impeccable fluidité, les
comédiens, guidés avec un bel art de l’épure par Catherine Boskowitz, offrent
avec ce spectacle une élégante et intéressante réactualisation du Grand Siècle.

Catherine Robert

Bérénice, de Jean Racine ; mise en scène de Catherine Boskowitz. Le 16
mars à 21h. Théâtre de L’Onde, Espace Culturel, 8bis, avenue Louis Breguet,
78140 Vélizy-Villacoublay. Réservations au 01 34 58 03 35. Le 23 mars à 20h30,
le 24 à 18h, le 25 à 16h et le 30 à 20h30. Le Collectif 12 / Friche A Malraux,
174, boulevard du Maréchal Juin, 78200 Mantes-la-Jolie. Réservations au 01 30 33
22 65.

A propos de l'événement



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