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Concert-théâtre qui explore comment des chansons peuvent marquer nos vies, Art majeur mis en scène par Guillaume Barbot arbore malheureusement davantage de virtuosité qu’il ne parvient à toucher.
Art majeur se demande si une chanson a changé la vie de ses interprètes/personnages et navigue le long de ce fil conducteur à travers 75 ans de chanson française, de Piaf à Juliette Armanet, en passant par Barbara, Biolay, Brel, Christophe, Ferrer, Higelin… Un medley forcément arbitraire de chansons familières que Guillaume Barbot, le metteur en scène, a décidé d’articuler autour de textes composés par 4 auteurs et autrices : Pauline Delabroy-Allard, Emmanuelle Fournier-Laurentz, Simon Johannin et Gilles Leroy. Ces derniers ont écrit des récits de moments qui, s’ils n’ont pas fait prendre un cours nouveau à la vie de ceux qui les portent, ont au moins travaillé leur rapport au monde. Biographiques ou fictifs ? On ne le saura jamais. Mais Thierry Hancisse raconte par exemple comment une chanson d’Higelin a fait prendre conscience à l’enfant que sa mère a eu une existence en dehors de lui. Véronique Vella son lien avec Barbara né d’un concert à Bobino où, toute jeune, elle accompagne sa mère. Axel Auriant une rencontre amoureuse et Léa Lopez une enfance et une construction de soi au rythme de sa musique intérieure. Sous l’égide du fameux débat entre Gainsbourg et Béart s’opposant sur le plateau d’Apostrophes sur le caractère mineur ou majeur de l’art de la chanson, Art majeur convoque, dans cette traversée de la chanson française, les propres souvenirs que chaque spectateur a pu se construire en compagnie de ces morceaux.
Un exercice formellement abouti
Pour cela, Guillaume Barbot a construit un concert-théâtre qui, sous la direction musicale de Pierre-Marie Braye-Weppe, revisite les titres connus en des formes originales. Un Port d’Amsterdam plus Arno que Brel. Des mots bleus en beaux duos. Pierre de Barbara tout juste esquissé… Les chansons s’enchaînent, naissent et disparaissent pour mieux resurgir plus tard, s’emmêlent, s’entrelacent, dans un ordre qui n’en est pas un mais construit une succession méandreuse et fluide comme un cours d’eau. La maîtrise technique – chant et musique – des comédiens/musiciens pourrait vous rendre jaloux d’une telle palette de talents. Thierry Hancisse avec sa voix rauque de crooner et Véronique Vella dans sa simplicité touchante brillant particulièrement. Toutefois, hors quelques moments, l’émotion peine à être partagée. Des textes au style trop travaillé pour laisser croire à la sincérité du témoignage. Une adresse qui affecte la spontanéité mais ne parvient pas à en convaincre. Des récits à l’intérêt inégal et à la poésie souvent convenue. Des morceaux écourtés. Art majeur donne au final l’impression d’un exercice formellement tout à fait abouti qui ne parvient malheureusement pas à faire en sorte que la scène et la salle respirent les mêmes airs.
Eric Demey
à 18h30, relâche lundi et mardi. Tél : 01 44 58 15 15. Durée : 1h25
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