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Théâtre - Entretien

33ème édition du Festival théâtral du Val-d’Oise

33ème édition du Festival théâtral du Val-d’Oise - Critique sortie Théâtre Pontoise théâtral du Val-d’Oise
Bernard Mathonnat, directeur du Festival théâtral du Val-d’Oise.

Publié le 26 octobre 2015 - N° 237

Comme chaque année depuis 1983, le Festival théâtral du Val-d’Oise poursuit sa mission de décentralisation et d’élargissement des publics dans le 95. Directeur de cette manifestation depuis 2009, Bernard Mathonnat nous en dit plus sur cette 33ème édition, organisée autour du thème « Théâtre et société ».

Après « Théâtre du corps / Corps du théâtre » l’année dernière, qu’est-ce qui vous a amené à axer cette nouvelle édition du Festival théâtral du Val-d’Oise autour du thème « Théâtre et société » ?

Bernard Mathonnat : Depuis sept ans maintenant, le spectacle d’ouverture du festival lance la thématique de l’année en cours. Le spectacle de clôture, lui, ouvre sur le thème de l’année suivante. Nous avons donc choisi ce thème l’année dernière, bien avant les événements de janvier. Car nous sentions pointer, dans notre société, tous les problèmes de montée en puissance des populismes et des idéologies dangereuses.

Vous nous invitez donc, par ce biais, à écouter ce que les artistes ont à nous dire sur ce que nous sommes en train de vivre…

B. M. : C’est ça. Pour moi, il est évident qu’un festival comme le nôtre doit contribuer à la réflexion générale de notre société, au débat intellectuel qui, malheureusement, est souvent très pauvre. Je tenais à inscrire notre manifestation dans le débat public qui a suivi les attentats. Cela à travers des propositions qui révèlent une grande exigence artistique, tout en s’inscrivant dans la culture d’éducation populaire qui fonde l’identité de notre festival. Car notre mission est de porter le théâtre dans tous les territoires du Val-d’Oise, au plus proche des gens.

Diriez-vous que ce double pari – l’excellence artistique et la mission d’éducation populaire – représente le cœur de votre action à la tête de ce festival ?

B. M. : Oui. Nous sommes aujourd’hui présents dans 48 villes et 70 structures départementales. Lors de mon arrivée à la direction du festival, j’ai voulu continuer à servir l’idée d’un théâtre partout et pour tous, mais en veillant à élever le niveau d’exigence artistique de notre programmation. Aujourd’hui, nous invitons Séverine Chavrier en résidence artistique au Théâtre Roger-Barat d’Herblay, nous coproduisons la nouvelle création de Joël Pommerat (ndlr, Ça ira (1) Fin de Louis), tout en aidant à la découverte de jeunes artistes. Notre festival n’est plus, comme il l’était jusqu’à la fin des années 2000, un festival de diffusion, mais un festival de créations qui s’inscrit dans le territoire. Ainsi, en plus des deux spectacles dont je viens de parler, cette 33ème édition comprend de nombreuses créations : Bleu violon de Christian Coumin ; Les Inséparables, un spectacle pour jeunes publics de la Compagnie Ingaléo ; Iris de la compagnie T.O.C. ; Kant, un spectacle d’arts numériques mis en scène par Emilie Anna Maillet ; Monkey Money de Carole Thibaut ; Le Roi des rats d’Annabelle Sergent et Vincent Loiseau ; Trois fois rien de la Compagnie du Loup-Ange ; La Guerre de mon père de Judith Depaule.

« Notre festival n’est plus un festival de diffusion, mais un festival de créations qui s’inscrit dans le territoire. »

Pour certaines de ces créations, le festival est même devenu un coproducteur…

B. M. : Oui, à travers le Fond d’Aide à la Création Mutualisé (FACM) mis en place en 2011. Ce fond compte, aujourd’hui, dix villes et structures, des partenaires institutionnels, le Conseil départemental, la Région et la DRAC. L’idée est de porter haut et fort la notion de réseau, ainsi que l’image de dynamisme de notre territoire. Cela passe par une volonté de mettre en avant la création, la modernité, la réflexion, le risque artistique… Aujourd’hui, un tiers de notre programmation est composé de créations.

Pourquoi avoir choisi d’ouvrir le festival avec Après coups / Projet Un-femme de Séverine Chavrier ?

B. M. : Ce choix est le prolongement de la résidence de sa compagnie – La Sérénade interrompue – à Herblay, où elle effectue un travail fantastique, à la fois de création et d’actions sur le terrain. Nous entretenons avec elle une relation privilégiée. Ce nouveau spectacle met en lumière des parcours de femmes dans différentes sociétés – en Amérique latine, en Russie, en France… Il  présente leurs combats pour une meilleure reconnaissance de ce qu’elles sont. Il s’agit d’une proposition à la fois théâtrale, musicale, corporelle, sonore, circassienne… Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le théâtre de Séverine Chavrier n’est pas du tout élitiste. C’est un théâtre sur la vie, sur les ressentis, un théâtre impressionniste, d’une certaine façon, qui revient aux racines d’un théâtre populaire. Il est vraiment accessible à un très large public.

Quel spectacle clôturera cette 33ème édition ?

B. M. : C’est Médina Mérika, de l’auteur et metteur en scène Abdelwaheb Sefsaf. Ce spectacle annoncera l’axe thématique de l’année prochaine : « Théâtre sans frontière ». En 2016, nous explorerons donc les problèmes actuels de frontières physiques, mais aussi les notions de frontières mentales et de frontières de genres.

Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat

A propos de l'événement

33ème édition du Festival théâtral du Val-d’Oise
du Lundi 2 novembre 2015 au Mercredi 16 décembre 2015
théâtral du Val-d’Oise
4 Avenue Berthelot, 95300 Pontoise, France

Tél. : 01 34 20 32 00. www.thea-valdoise.org


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