La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Propos recueillis / Jacques Blanc

Un plan de relance pour la culture

Un plan de relance pour la culture - Critique sortie Avignon / 2010
Jacques Blanc

Publié le 10 juillet 2008

Directeur du Quartz – Scène nationale de Brest, Jacques Blanc est l’un des membres du Conseil pour la création artistique créé par Nicolas Sarkozy en février 2009. Il défend l’idée d’une politique culturelle ambitieuse et volontariste, dépassant le seul cadre du ministère de la Culture.

 « On dit toujours que la culture coûte cher, mais ce sont les fruits de l’inculture qui, demain, coûteront cher. »

« Il me semble que la relation qui unit l’Etat et les artistes ne peut fonctionner que lorsqu’elle se fonde sur des liens fraternels, c’est-à-dire lorsque l’Etat fait preuve d’une connaissance approfondie des artistes et lorsque ces derniers se sentent épaulés, aimés par le ministère de la Culture. Pour qu’une telle relation s’épanouisse, il faut que la rue de Valois parvienne à placer l’idée de la culture au centre de toute la politique du gouvernement. Or, depuis de nombreuses années, il est évident que la question de l’art et de la culture française dans le monde est loin de faire partie des priorités de notre classe politique. L’univers de notre paysage culturel se rétrécit. On vit quelque chose de l’ordre de la perte, la perte de la croyance dans l’art, la perte d’un idéal dans lequel le ministère de la Culture serait l’artisan d’un grand destin pour notre pays. Je suis de ceux qui pensent que l’on a besoin d’un ministère de la Culture fort, un ministère qui ait la volonté et les moyens d’imposer en France l’idée que la création artistique est un véritable moteur de développement économique et social, qu’il ne s’agit en rien d’un luxe inutile. Car, l’intelligence et le jugement se forment, se travaillent, notamment à travers la culture et l’imaginaire. Ainsi, j’ai envie de dire qu’un patron inculte n’est pas un bon patron. On dit toujours que la culture coûte cher, mais ce sont les fruits de l’inculture qui, demain, coûteront cher. Aujourd’hui, on lance des plans de relance pour de nombreux secteurs : pourquoi ne lancerait-on pas un plan de relance pour la culture ? »

Propos recueillis par Manuel Piolat Soleymat

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