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SYLVAIN RIFFLET SUR LES PAS DE MOONDOG

SYLVAIN RIFFLET SUR LES PAS DE MOONDOG - Critique sortie Jazz / Musiques Bobigny Salle Pablo Neruda

Special Banlieues Bleues
CREATION / MOONDOG / JON IRABAGON / BOBIGNY

Publié le 30 mars 2013 - N° 208

Une des créations les plus excitantes et improbables de l’édition 2013 de Banlieues Bleues. Le saxophoniste Sylvain Rifflet revisite en sons et en images, avec la complicité de son frère Maxence Rifflet (création vidéo), la personnalité et la musique un peu oubliées de Moondog, figure extravagante du New York underground des années 50-70, ami de Leonard Bernstein ou Charlie Parker, source d’inspiration et d’influence des pionniers de la musique répétitive…

« Je suis arrivé à Moondog par le biais de la musique répétitive américaine. »

Ce projet est un hommage à Moondog. A quoi êtes-vous sensible dans sa musique, sa personnalité, sa démarche?
Sylvain Rifflet : Je suis arrivé à Moondog par le biais de la musique répétitive américaine (Reich, Glass, etc) et c’est Xavier Lemettre, directeur de Banlieues Bleues, qui, il y a quelques années, m’a fait remarquer qu’il voyait dans mon travail quelques similitudes avec Moondog. De là est née ma curiosité pour Moondog, de son vrai nom Louis Thomas Hardin, et mon désir d’approcher son répertoire pour ce projet. « Perpetual Motion » est une libre interprétation d’une sélection de pièces de son répertoire que nous jouerons tantôt à la lettre tantôt de manière plus libre, mais toujours en se souciant d’apporter un son singulier, notamment par le bais de l’utilisation d’instruments-jouets, d’instruments préparés ou de traitements sonores.

Cette création associe un autre saxophoniste, Jon Irabagon, dont on parle beaucoup à New York mais encore peu connu en France.
S. R. : Je connais Jon depuis une quinzaine d’années maintenant, nous avons tous deux fait partie du « All-American College band » à Los Angeles dans le cadre des universités d’été de Disney (et oui !!!). Nous parlions depuis longtemps de travailler ensemble et il m’a semblé que ce projet offrait une excellente occasion de le faire car le saxophone occupe une place importante dans les enregistrements de Moondog, mais aussi parce qu’il a vécu lui aussi à la fois à New York puis en Europe la deuxième partie de sa vie.

La dimension visuelle aura toute sa place dans ce projet. Quel sera son rôle ?
S. R. : Dès le départ, nous avons essayé d’envisager ce concert dans une forme globale, dans une dramaturgie qui puisse à la fois rendre compte de la théâtralité du personnage de Moondog et gérer les différents éléments du concert. Il y aura en effet sur scène, en plus de mon groupe Alphabet et de Jon Irabagon, la pianiste Eve Risser, un choeur d’une cinquantaine d’enfants de Bobigny et de La Courneuve, une scénographie lumineuse et de la vidéo. Je travaille depuis plusieurs années avec mon frère Maxence Rifflet sur les rapports entre images et musique ; pour ce projet, la vidéo se définit à la fois comme un portrait actuel du quartier où vivait Moondog, mais aussi comme un pont entre New York et Bobigny. Elle sera tantôt un élément musical à part entière tantôt un complément, un miroir ou une illustration de ce qui se joue sur le plateau.

Propos recueillis par Jean-Luc Caradec

A propos de l'événement

SYLVAIN RIFFLET
du Vendredi 12 avril 2013 au Vendredi 12 avril 2013
Salle Pablo Neruda
31, avenue du Président Salvador Allende 93000 Bobigny
Vendredi 12 avril à 20h30.Tel : 01 49 22 10 10.
(en première partie : Dead Combo, duo portugais composé des guitaristes Tó Trips et Pedro Gonçalves).
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