La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Danse - Critique

Souls

Souls - Critique sortie Danse Paris Le Centquatre
Crédit : Antoine Tempé Légende : Les âmes d'Olivier Dubois, vivantes et debout.

Théâtre Paul Eluard / Le CENTQUATRE

Si le monde avait une âme, son bruit serait assourdissant… Celles d’Olivier Dubois oscillent entre soulèvement et écrasement, sans jamais perdre de vue la tension qui les lient aux spectateurs, presque inexorablement.

Le spectacle s’ouvre sur un décor de sable. Vierge, lisse, jamais encore foulé, et pourtant six corps y reposent, inanimés. Tout de suite, la musique de François Caffenne enveloppe tout l’espace, comme un grondement sourd et répétitif, dont les nappes successives plus que lancinantes tendent vers l’inéluctable. La mise en mouvement se fait lente et pesante, quand trois hommes, toujours au sol, rejoignent chacun un autre corps. Ils roulent sur eux-mêmes, face contre terre et enjoignent l’autre à se fondre dans un duo. Dans cette première partie, Olivier Dubois explore le motif circulaire et la spirale de différentes façons : tourner sur soi, s’enrouler sur l’autre, danser en cercle, évoquant parfois des rituels, mais sans jamais tomber ni dans l’exploration obsessionnelle d’un principe chorégraphique, ni dans la tentation d’un folklore. Lorsque les danseurs nous font enfin et véritablement face, c’est à cet instant que l’on décèle qu’une humanité nous fait front, et qu’elle nous embarque avec elle.

Une humanité debout

Souls est une proposition qui fonctionne, d’abord par l’image et le son, ensuite par les effets maîtrisés où le corps est en jeu : portés où le poids du monde semble se reposer sur le dos des hommes, marches affirmées, courses folles dans le sable, élans et chutes qui laissent la violence s’exprimer. On sent qu’ils doivent se battre pour exister, parfois contre eux-mêmes, souvent contre la mort. Même s’il réunit des interprètes exclusivement venus d’Afrique, même s’il les recouvre de sable, Olivier Dubois a su faire en sorte que la danse occupe une réalité différente de l’imagerie cliché : celle des hommes qui se tiennent debout, et qui peuvent à la fois subir et se révolter. La fin offre une perspective plus spirituelle, tendue entre la terre et le ciel.

 

Nathalie Yokel

A propos de l'événement

Souls
du Vendredi 14 mars 2014 au Dimanche 16 mars 2014
Le Centquatre
5 rue Curial, 75019 Paris
Les 14 et 15 mars à 21h, le 16 mars à 18h. Tel : 01 53 35 50 00. Spectacle vu au Tarmac.
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